Weidmann (BCE) critique le comité budgétaire européen et le QE

jeudi 10 décembre 2015 21h18
 

LISBONNE, 10 décembre (Reuters) - Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, a déploré jeudi le manque de pouvoirs du nouveau comité budgétaire européen et a critiqué une nouvelle fois la politique d'assouplissement quantitatif (QE, quantitative easing) de la Banque centrale européenne.

S'exprimant à Lisbonne, le patron de la Buba a estimé que le programme de rachat d'actifs de la BCE "brouillait les lignes entre la politique budgétaire et la politique monétaire", réduisant la pression sur les gouvernements pour qu'ils maîtrisent les dépenses publiques.

"Nous n'agissons pas avec notre boîte à outils d'instruments conventionnels, mais avec un instrument que je considère plus problématique dans une union monétaire", a dit Jens Weidmann, qui siège au conseil des gouverneurs de la BCE et s'est opposé la semaine dernière à l'adoption de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire.

Le président de la Bundesbank a par ailleurs estimé que la zone euro avait besoin, pour évaluer les budgets nationaux, d'une instance plus autoritaire que le comité consultatif dont la Commission européenne a proposé la création.

Le comité budgétaire tel que proposé par l'exécutif européen n'aura pas les moyens d'agir vite ni les pouvoirs suffisants pour s'assurer que ses recommandations seront respectées par la Commission, a-t-il fait valoir.

"Cela ne présage rien de bon pour l'objectif d'une application plus dépolitisée des règles", a-t-il dit. "Pour cela, il faut un conseil budgétaire réellement indépendant, et dont les recommandations aient du poids."

La Commission a proposé en octobre la création de cette commission consultative formée de cinq membres indépendants.

Pour Jens Weidmann, une union budgétaire avec un organe unique et centralisé de prise de décision serait la meilleure solution pour la zone euro mais, faute de volonté politique pour y parvenir, la meilleure option consiste à maintenir les politiques économiques et budgétaires au niveau national mais avec un organe de supervision indépendant habilité à sanctionner les mauvais élèves, allégeant ainsi le poids politique sur la Commission. (Sergio Goncalvees et Shrikesh Laxmidas, avec Balazs Koranyi à Francfort, Véronique Tison pour le service français)