Nucléaire-Surtaxe évoquée pour les utilities allemandes-presse

jeudi 10 décembre 2015 18h56
 

BERLIN, 10 décembre (Reuters) - Les grands groupes d'électricité allemands pourraient se voir proposer d'acquitter une "prime de risque" de plusieurs milliards d'euros pour couvrir une fois pour toutes les coûts liés au démantèlement de leurs centrales nucléaires, croit savoir l'hebdomadaire WirtschaftsWoche jeudi.

E.ON, RWE, EnBW et Vattenfall ont déjà constitué au total 38 milliards d'euros de provisions pour financer le démantèlement des centrales et le traitement de leurs déchets.

Parmi les pistes explorées par une commission gouvernementale qui doit rendre ses conclusions au début de l'an prochain, figure le paiement d'une contribution additionnelle, ou prime de risque, si ces provisions ne suffisaient pas.

Cette prime, inspirée de celle retenue par la Suisse, pourrait correspondre à 30% environ des provisions actuelles, soit une dizaine de milliards d'euros, poursuit le magazine dans un article à paraître vendredi.

Jürgen Trittin, qui co-préside la commission chargée du dossier, a souligné qu'aucune décision n'avait encore été prise. "La commission en est encore à la phase de consultation et de collecte des informations pour le moment", a-t-il dit à Reuters.

"Il y a bien plus de deux modèles à l'étude, ainsi que des modèles très différents d'évaluation du risque", a-t-il ajouté, observant qu'il était encore prématuré de privilégier telle ou telle méthode.

L'Allemagne est censée avoir rompu définitivement avec le nucléaire d'ici 2022 à la suite d'une décision prise par la chancelière Angela Merkel après la catastrophe de Fukushima en mars 2011.

Cette perspective a contribué ces dernières années à la baisse de la valorisation boursière des "utilities" allemandes, également pénalisées par la faiblesse des prix de l'énergie et la concurrence croissante des énergies renouvelables.

Berlin veut faire en sorte que les finances publiques ne soient pas sollicitées si l'un des énergéticiens se retrouvait en difficulté. Parmi les options envisagées figure la création d'une entité publique à laquelle les compagnies d'électricité apporteraient des actifs, des liquidités ou des participations dans certaines de leurs filiales, voire une partie de leur capital.

(Gernot Heller, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand)