COP21-Les énergéticiens européens prônent un prix du carbone élevé

mardi 8 décembre 2015 11h06
 

PARIS, 8 décembre (Reuters) - Le groupe d'énergéticiens européens Magritte a réaffirmé mardi son souhait d'un prix du carbone élevé, meilleur moyen selon lui de lutter contre les dérèglements climatiques.

Créé en mai 2013, ce groupe informel compte 11 membres dont le français Engie, les italiens Enel et Eni , l'allemand E.ON et l'espagnol Iberdrola , qui représentent plus de la moitié des capacités électriques de l'UE, ainsi que 81 gigawatts de capacités renouvelables et 600 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

Les onze producteurs d'énergie ont prôné mardi dans un communiqué "un accord international sur le climat à la fois vaste et ambitieux lors de la COP21, afin de définir un cadre général pour le long terme et donner visibilité et cohérence aux politiques climatiques".

Ils défendent depuis plus de deux ans le principe d'une réforme structurelle du système d'échange de quotas d'émission européen afin de favoriser une transition vers une énergie sobre en carbone, ainsi qu'un développement des énergies renouvelables axé sur le marché.

"Nous en appelons aux dirigeants politiques afin qu'ils conçoivent un cadre approprié permettant les investissements (dans des moyens de production) bas-carbone", a déclaré lors d'une conférence de presse le PDG d'Engie, Gérard Mestrallet, à l'origine du groupe Magritte.

Depuis 2013, ce groupe souligne aussi que des subventions européennes excessives à l'éolien et au solaire ont entraîné des investissements colossaux dans ces moyens de production, qui sont venus s'ajouter à un marché excédentaire et, avec un accès prioritaires aux réseaux à des prix fixes et supérieurs à ceux du marché, ont plombé la rentabilité des centrales thermiques.

Les producteurs d'électricité européens ont en conséquence massivement fermé des centrales à gaz, pourtant essentielles en période de consommation de pointe, ce qui a fragilisé la sécurité d'approvisionnement en Europe.

La conférence de Paris sur le climat s'est engagée lundi dans une phase décisive avec l'entrée en scène des ministres chargés de poursuivre les négociations, qui ont quatre jours pour rendre un arbitrage politique sur de nombreux points en suspens. (Benjamin Mallet et Geert De Clercq, édité par Jean-Michel Bélot)