La Pologne réexamine deux gros marchés militaires

vendredi 4 décembre 2015 13h42
 

VARSOVIE, 4 décembre (Reuters) - Le nouveau gouvernement polonais réexamine deux appels d'offres militaires lancés par son prédécesseur, a déclaré jeudi soir un secrétaire d'Etat à la Défense, ce qui laisse penser que l'ambitieux programme de la Pologne pour moderniser son armée pourrait prendre du retard.

Ce programme lancé en 2013 et évalué à 130 milliards de zlotys (30,2 milliards d'euros) avait subi un coup d'accélérateur dans le sillage de la crise ukrainienne.

Varsovie avait provisoirement choisi en avril les hélicoptères d'Airbus et les missiles Patriot de l'américain Raytheon au terme de deux appels d'offres représentant ensemble huit milliards de dollars (7,3 milliards d'euros).

Un peu avant les élections d'octobre, le parti conservateur Droit et Justice (PiS), qui avait remporté la majorité absolue, avait fait savoir qu'il réexaminerait ces marchés.

S'exprimant sur la chaîne Polsat News 2, Tomasz Szatkowski a dit, à propos du marché remporté par Airbus Helicopters, que la Pologne devait mettre en avant sa propre industrie dans ces marchés publics, se faisant l'écho du PiS qui ne cesse de réclamer qu'ils soient alloués à des entreprises qui produisent localement.

Airbus a dit qu'il comptait embaucher directement 1.250 personnes en Pologne d'ici 2020 et créer indirectement 2.000 emplois de plus en liaison avec ce contrat.

Quant aux missiles Patriot, Tomasz Szatkowski a déclaré qu'il ressortait des discussions préliminaires de la Pologne avec les Etats-Unis que "le coût d'origine et les hypothèses quant au délai de livraison, ainsi que celles relatives à l'ampleur de la coopération (américaine) avec l'industrie polonaise" ne seraient pas respectés.

Raytheon a réagi en déclarant qu'il pouvait bâtir les systèmes de missiles en 65 mois et ajouté que la date de livraison définitive dépendait de négociations internes au gouvernement polonais.

(Wiktor Szary et Andrea Shalal; Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Patrick Vignal)