LEAD 1-Sika prend à témoin les actionnaires de Saint-Gobain

jeudi 3 décembre 2015 21h52
 

(Actualisé avec détails)

PARIS, 3 décembre (Reuters) - Le président de Sika a adressé jeudi une lettre ouverte aux actionnaires de Saint-Gobain pour leur dire qu'aux yeux du chimiste suisse, le projet de prise de contrôle de Sika par le groupe français était destructeur de valeur pour les deux entreprises.

"Au nom de la majorité de conseil (...) je fais la démarche inhabituelle de m'adresser à vous directement afin de vous montrer comment la tentative de prise de contrôle de Saint-Gobain, lancée il y a un an, détruirait de la valeur chez Sika, et par conséquent détruirait aussi de la valeur pour vous en tant qu'actionnaire de Saint-Gobain", écrit Paul Halg.

"Tous les actionnaires de Sika (à l'exception de la partie vendeuse) soutiennent pleinement notre position."

Il a ajouté ne voir toujours aucune issue à l'horizon dans le conflit, objet à l'heure actuelle d'une procédure devant la justice suisse qui se poursuivra au premier semestre 2016.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de Saint-Gobain.

Le numéro un mondial de la production, transformation et distribution de matériaux de construction a signé en décembre 2014 un accord avec la famille Burkard-Schenker, actionnaire de contrôle de Sika, pour lui racheter ses 16,1% du capital du chimiste suisse et ses 52,4% des droits de vote.

L'opération de 2,75 milliards de francs suisses (environ 2,3 milliards d'euros) constitue pour Saint-Gobain une option bien moins coûteuse qu'une offre sur l'ensemble de Sika.

La direction de Sika s'oppose elle depuis le début au projet dont elle conteste notamment la logique industrielle. Dans sa lettre de jeudi, Paul Halg écrit que la transaction détruirait le modèle de croissance du chimiste suisse.

Selon des données Reuters, Wendel est le principal actionnaire de Saint-Gobain avec 11,65% du capital, suivi des salariés (6,11%) et du groupe d'investissement BlackRock (4,89%).

Fin décembre dernier, les institutionnels français détenaient 17,3% du capital du groupe et les institutionnels étrangers 55,6%. (Gilles Guillaume, édité par Benoît Van Overstraeten)