Facebook va cesser de "tracer" les internautes belges

mercredi 2 décembre 2015 21h18
 

BRUXELLES, 2 décembre (Reuters) - Facebook a annoncé mercredi qu'il allait cesser de suivre sans leur accord la navigation en ligne d'internautes belges visitant ses pages sans figurer parmi ses utilisateurs enregistrés, se pliant ainsi à une injonction de la justice locale pour éviter de lourdes pénalités financières.

Cette décision signifie que les Belges devront désormais s'enregistrer sur le réseau social pour pouvoir consulter des pages Facebook, ce qui implique la création préalable d'un compte.

Jusqu'à présent, les internautes ne disposant pas d'un compte avaient accès aux pages Facebook d'équipes sportives, de célébrités, d'attractions touristiques ou d'entreprises sans avoir forcément à s'enregistrer au préalable auprès du réseau social.

Les changements annoncés, qui devraient être effectifs d'ici la fin de la semaine, résultent de la saisie de la justice par la Commission de la protection de la vie privée (CPVP) belge, qui accusait Facebook de "bafouer" les législations européennes et belges en utilisant des outils de suivi sans le consentement préalable des internautes concernés.

La plainte visait principalement le cookie "datr", qui s'installait dans les navigateurs internet lors de la consultation de pages Facebook ou lors d'un clic sur un bouton "J'aime" de pages extérieures au réseau.

Facebook argue du fait que "datr" ne fait qu'identifier les navigateurs utilisés et lui permet de prévenir d'éventuelles attaques informatiques.

Le groupe américain a toujours l'intention de faire appel de la décision de justice belge mais s'y plie dans l'immédiat pour éviter une amende de 250.000 euros par jour.

Il ajoute que, son siège social européen se trouvant en Irlande, la seule réglementation qui s'applique à ses activités en matière de vie privée est la réglementation irlandaise. Mais cet argument a été rejeté par la CPVP.

(Julia Fioretti et Eric Auchard; Marc Angrand pour le service français)