Doha rejette le rapport d'Amnesty sur l'exploitation des étrangers

mercredi 2 décembre 2015 10h27
 

DOHA, 2 décembre (Reuters) - Le gouvernement du Qatar a dénoncé un rapport publié mardi par Amnesty international qui reprochait aux autorités de Doha de ne pas avoir été assez ambitieuses dans la réforme de leur législation entourant les droits des travailleurs étrangers.

Dans un communiqué transmis à la presse mardi soir, l'office gouvernemental de la Communication explique que le rapport de l'ONG "ne reflète pas de manière exacte les progrès" réalisés par le Qatar en matière de droit du travail.

"Nous estimons que les accusations selon lesquelles le Qatar n'est pas parvenu à renforcer les droits des travailleurs étrangers sont simplement erronées. Des réformes significatives ont été faites et d'autres sont prévues."

La pétromonarchie du Golfe est depuis plusieurs années dans la ligne de mire de nombreuses ONG qui l'accusent d'exploiter des travailleurs migrants pour alimenter l'essor immobilier dans l'émirat, à plus forte raison depuis l'attribution par la Fifa de l'organisation de la Coupe du monde de football de 2022.

Dans son rapport, Amnesty souligne que la règle locale de la "kafala", système de parrainage des salariés qui concerne selon ses chiffres 94% de la main d'oeuvre locale, met les travailleurs étrangers à la merci de leurs employeurs et estime que les modifications apportées à la législation du travail relèvent du "rafistolage".

Le gouvernement qatari a nié mardi soir toute exploitation de la main d'oeuvre étrangère, rappelant avoir introduit dans sa législation un système de protection des salariés qui contraint notamment les employeurs à verser les salaires par virement bancaire électronique et qui leur interdit de confisquer les passeports de leurs employés.

Ces reformes sont un travail de longue haleine et marquent le "début de la fin" de la "kafala", dit Doha.

RENVOI:

Le communiqué d'Amnesty : goo.gl/5njblV (Tom Finn,; Nicolas Delame pour le service français)