Nissan renonce à réclamer des droits de vote chez Renault-Figaro

mercredi 2 décembre 2015 10h18
 

PARIS, 2 décembre (Reuters) - Le conseil d'administration de Nissan a renoncé lundi à exiger les droits de vote liés aux 15% du capital de Renault qu'il détient depuis 2002, en raison de l'opposition de l'État français à cette requête, lit-on mercredi dans le Figaro, qui dit avoir consulté un document dont il ne précise pas la nature.

Cette information contredit celles circulant dans la presse japonaise prêtant à Nissan l'intention de réclamer officiellement que Renault redescende sa participation dans Nissan sous la barre des 40% (contre 43,4 % depuis 2002) et que le japonais obtienne des droits de vote dans le constructeur français.

Le quotidien japonais Nikkei estime pour sa part mercredi que Nissan aurait fait savoir au gouvernement français qu'il dénoncerait les modalités de son accord de participation croisée avec Renault à moins que l'Etat réduise sa participation ou prenne toute autre initiative pour restreindre son influence dans l'alliance des deux constructeurs.

Selon le Figaro, Le conseil de Nissan a mandaté deux administrateurs, Hiroto Saikawa (également au board de Renault) et Greg Kelly, pour négocier un accord d'ici au conseil d'administration de Renault, prévu le 11 décembre.

Nissan souhaite que l'État français "limite son influence dans Renault aux sujets importants liés à la présence stratégique de Renault en France et n'interfère ni dans la gestion de Renault (au détriment potentiel des intérêts de Nissan), ni dans les affaires de Nissan", poursuit le Figaro, citant le même document, ce qui revient à demander à l'Etat qu'il n'exerce ses droits de vote doubles que dans des situations bien définies.

Les administrateurs du groupe japonais veulent, par ailleurs, que Renault continue de ne pas intervenir dans la gestion et la gouvernance du japonais, ajoute-t-il.

Dernier point, Nissan "veut avoir le droit d'acquérir des actions Renault" en cas d'interférence de Renault ou de l'État français dans ses affaires.

Pour être rassuré, le constructeur japonais demande que ces trois points fassent l'objet d'un accord officiel entre l'État français et Renault, précise le Figaro.

La crise a éclaté au grand jour au printemps, la décision de l'Etat de monter au capital de Renault pour s'assurer les droits de vote doubles de la loi Florange ayant été vue comme rompant le délicat équilibre de l'alliance fondée en 1999. (Jean-Michel Bélot, édité par Gwénaëlle Barzic)