Les Pays-Bas sont redevenus importateurs nets de gaz

mercredi 2 décembre 2015 09h08
 

AMSTERDAM, 2 décembre (Reuters) - Plus de 50 ans après, les Pays-Bas sont redevenus importateurs nets de gaz en raison des limites imposées au champ de Groningen, dans le nord du pays, au vu des risques de tremblements de terre qu'induit son exploitation, a annoncé mercredi l'Office central de la statistique.

Dans un rapport, l'institution précise que le tournant est survenu en mai. C'est la première fois depuis le début des années 1960 que les Pays-Bas importent plus de gaz qu'ils n'en exportent.

Il y a deux semaines, un tribunal néerlandais a une nouvelle fois baissé le plafond de production imposé au champ gazier -- le dixième plus grand au monde -- estimant que le gouvernement n'avait pas suffisamment pris en compte le fait que l'extraction de gaz provoquait des tremblements de terre de plus en plus violents et fréquents.

Le champ de Groningen, exploité par Royal Dutch Shell et ExxonMobil, est en production depuis 1963.

Pour subvenir aux besoins de gaz naturel du pays et pour s'assurer un flux stable de recettes budgétaires malgré l'austérité qui a suivi la crise financière de 2007-2009, le gouvernement a longtemps encouragé la hausse de la production du champ, passé 30 milliards de mètres cubes en 2007 à plus de 50 milliards de mètres cubes en 2010.

Le champ de Groningen, avec d'autres champs néerlandais de taille plus modeste, fournit environ 15% du gaz dont a besoin l'Europe. Les recettes qu'il a générées ont représenté plus de 5% des revenus de l'Etat pendant les années 2011-2013.

Sans l'apport des revenus gaziers, le déficit budgétaire des Pays aurait été de 5% en 2013, dépassant ainsi la limite autorisée par les règles européennes, au lieu des 2,5% qui ont été retenus.

Le 16 août 2012, un tremblement de terre dont l'épicentre était sous la village de Huizinge a sonné le glas de l'incessante hausse de la production du champ de Groningen.

Celle-ci sera désormais limitée à 27 milliards de mètres cubes. Pour compenser la baisse de la production de gaz local, il est de plus en plus fait appel à du gaz norvégien, a précisé l'Office central des statistiques. (Toby Sterling, Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Véronique Tison)