Athènes parle d'erreur après un vif échange de tweets avec Ankara

lundi 30 novembre 2015 17h23
 

ATHÈNES, 30 novembre (Reuters) - Une erreur commise par un assistant d'Alexis Tsipras est à l'origine d'un bref accrochage qui a opposé dimanche soir sur Twitter Athènes à Ankara, a déclaré lundi un responsable grec.

Le sommet de dimanche réunissant les dirigeants européens et la Turquie n'était pas encore terminé lorsqu'un tweet véhément est apparu sur les comptes en anglais et en grec du Premier ministre grec Alexis Tsipras.

"Au Premier ministre Davutoglu: Heureusement que nos pilotes ne sont pas aussi belliqueux que les vôtres l'ont été contre les Russes", pouvait-on lire.

Un deuxième message a suivi, évoquant les incidents aériens qui opposent les armées de l'air des deux pays, tous les deux membres de l'Otan, au-dessus de la mer Egée. "Ce qui se déroule dans (la mer) Egée est scandaleux et inacceptable."

"Nous dépensons des milliards en armements. Vous, pour violer notre espace aérien. Nous, pour vous intercepter", a-t-il été écrit, toujours sur les comptes du Premier ministre.

Liant ces incidents à l'actualité des réfugiés et des migrants, un quatrième tweet concluait: "Nous avons les systèmes d'armement aériens les plus modernes et cependant, sur le terrain, nous ne sommes pas en mesure de capturer les trafiquants qui noient des innocents."

Quelques minutes plus tard, son homologue turc réagissait: "Les propos d'@atsipras sur les pilotes ne sont pas vraiment dans la tonalité de cette journée. Alexis: concentrons-nous sur des objectifs positifs."

L'échange a brusquement cessé tard dimanche soir lorsque les tweets rédigés sur le compte anglophone d'Alexis Tsipras ont été supprimés, alimentant des soupçons de piratage, même si les tweets rédigés en grec étaient encore visibles lundi après-midi sur le compte du Premier ministre.

"Il y a eu une erreur. Tsipras a effectivement déclaré cela à Davutoglu (lors d'une réunion privée), mais ces propos n'étaient pas destinés à être prononcés en public, ils ont donc été effacés", a dit le responsable.

Les chancelleries européennes se sont abstenues de critiquer publiquement la destruction par la Turquie d'un SU-24 russe à la frontière syrienne tout en appelant les deux parties à l'apaisement.

Moscou nie que son appareil ait survolé l'espace aérien turc. (Lefteris Papadimas et Karolina Tagaris,; Nicolas Delame pour le service français)