Chute des Bourses chinoises, la détérioration des profits pèse

vendredi 27 novembre 2015 09h02
 

SHANGHAI, 27 novembre (Reuters) - Les actions chinoises ont clôturé sur une baisse de plus de 5% vendredi, leur recul quotidien le plus marqué en trois mois, à la suite de nouvelles mesures des autorités boursières pour freiner les achats financés par de la dette et d'une poursuite de la détérioration des résultats des entreprises dans le secteur industriel.

L'indice CSI300 des valeurs vedettes a perdu 5,4% à 3.556,99 points et le Composite de Shanghai a chuté de 5,5% à 3.436,30 points, enregistrant tous deux leur plus forte baisse depuis fin août, quand les Bourses chinoises étaient en pleine débâcle.

Ces indices de référence accusent également leur plus mauvaise performance hebdomadaire depuis août, avec une baisse de 5%.

Le sentiment de marché était déjà fragilisé par la perspective d'une vague d'introductions en Bourse qui doit démarrer la semaine prochaine et par les anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale américaine en décembre.

Les investisseurs ont en outre été déstabilisés par des déclarations des autorités de régulation boursière, qui ont appelé jeudi les courtiers à arrêter de financer les achats d'actions de clients via des "swaps" et autres contrats hors marchés réglementés, selon deux sources bien informées.

Il s'agit de la dernière initiative en date pour limiter les risques liés aux placements boursiers financés par la dette.

"La mesure en faveur d'un désendettement va certainement avoir un impact négatif sur le sentiment des investisseurs", dit Shen Weizheng, gérant chez Ivy Capital à Shanghai. "En outre, elle soulève la crainte que de nouvelles maisons de courtage fassent l'objet d'enquêtes (...)".

La cote a également été plombée par des données montrant que les bénéfices des entreprises industrielles ont baissé de 4,6% en octobre par rapport à la même période de 2014, en repli pour le cinquième mois de suite, dans un contexte de ralentissement de la croissance de la deuxième économie mondiale et de surcapacités de production. (Samuel Shen et Nathaniel Taplin, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)