Turquie-Ahmet Davutoglu a formé son gouvernement

mardi 24 novembre 2015 15h55
 

ANKARA, 24 novembre (Reuters) - Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a annoncé mardi la composition de son gouvernement, dont les principaux ministères ont été confiés à des proches du président Recep Tayyip Erdogan.

L'équipe gouvernementale a été présentée un peu plus de trois semaines après les élections législatives, qui ont accordé une large majorité à l'AKP, Parti de la justice et du développement, la formation politique dont est issu le chef d'Etat.

En juin, l'AKP n'avait pas réussi à obtenir la majorité absolue au Parlement, conduisant Recep Tayyip Erdogan à convoquer de nouvelles élections.

"La mission de ce gouvernement est d'emmener la Turquie vers un nouvel horizon. C'est une lourde responsabilité, mais (le gouvernement) peut se targuer d'une victoire électorale lors de laquelle le taux de participation a atteint 85%", a dit Ahmet Davutoglu lors d'une conférence de presse organisée à Ankara, la capitale turque.

"Nous allons tenir nos promesses", a ajouté le chef de l'exécutif turc, annonçant que son gouvernement mettrait l'accent sur la réforme et sur la révision de la constitution.

Un large portefeuille de l'Economie a été confié à Mehmet Simsek, ancien ministre des Finances, qui se voit au passage confier la charge de vice-Premier ministre. Il remplace Ali Babacan, un cacique de l'AKP.

La désignation de Mehmet Simsek est de nature à rassurer les investisseurs alors que certaines prises de position du président Erdogan avaient au contraire été de nature à les inquiéter, notamment lorsqu'il s'exprimait sur les taux d'intérêt.

Naci Agbal, ancien sous-secrétaire d'Etat aux Finances et Mustafa Elitas, économiste, ont eux été désignés respectivement ministre des Finances et ministre de l'Economie. Les deux hommes sont des proches d'Erdogan.

Mevlut Cavusoglu récupère de son côté le poste de ministre des Affaires étrangère, qu'il occupait avant les élections de juin, et Berat Albayrak, gendre d'Erdogan, devient ministre de l'Energie.

"En étudiant la composition du nouveau gouvernement, nous avons encore plus de doutes qu'auparavant sur la volonté de mener une réforme structurelle", a commenté Wolfgango Piccoli de Teneo Intelligence.

"Le clientélisme, la poursuite de la consolidation des pouvoirs et la mise en oeuvre de réformes intéressées risquent d'être la marque du nouveau gouvernement." (Daren Butler et Ece Toksabay,; Nicolas Delame pour le service français)