ENCADRE-Avec Pfizer-Allergan, les M&A de la pharmacie à plus de $600 mds

lundi 23 novembre 2015 11h41
 

23 novembre (Reuters) - Le rachat désormais donné certain d'Allergan par Pfizer pour plus de 150 milliards de dollars (141 milliards d'euros) portera le montant global des fusions-acquisitions dans le secteur de la pharmacie et de la santé à plus de 600 milliards de dollars pour cette année, un record.

Stimulé par des coûts de financement historique bas, ce mouvement sans précédent recoupe le rachat de petits laboratoires par de plus grands, la poursuite de la consolidation au sein des fabricants de médicaments génériques et des rapprochements entre assureurs santé aux Etats-Unis.

Motivée par des considérations essentiellement fiscales, l'acquisition d'Allergan par Pfizer, approuvée dimanche par les conseils d'administration des deux groupes selon plusieurs sources, fera de la pharmacie-santé le secteur le plus actif cette année en matière de fusions-acquisitions (M&A), devant l'énergie et les hautes technologies, pourtant eux aussi très actifs.

Selon les données Thomson Reuters, les rapprochements annoncés dans le secteur atteignaient 460,2 milliards de dollars en fin de semaine dernière, contre 572,4 milliards dans l'énergie et 514,4 milliards dans la "high tech".

L'opération Pfizer-Allergan s'annonce en outre comme la plus importante jamais conclue dans le secteur de la santé; le record appartenait déjà à Pfizer, qui avait déboursé 90 milliards de dollars pour racheter Warner-Lambert en 1999.

Il n'est pas certain pour autant qu'elle aiguise dans l'immédiat l'appétit d'autres grands acteurs du marché du médicament et de la santé.

Merck & Co, le numéro deux américain derrière Pfizer, a déclaré il y a un an que de telles opérations motivées par l'"inversion" fiscale (la délocalisation du siège social de l'acquéreur dans le pays où se trouve basée sa proie dans le but de réduire ses impôts) ne correspondraient pas à sa stratégie.

Les géants suisses et britanniques, eux, bénéficient déjà de régimes fiscaux plus favorables que les américaine et leurs dirigeants ont déclaré récemment ne pas juger pertinentes des fusions à grande échelle... même si certains d'entre eux sont nés de telles fusions dans les années 1990 et 2000.

Le directeur de la stratégie de GlaxoSmithKline, David Redfern, a dit la semaine dernière que la taille en elle-même n'était pas la clé du succès. (Ben Hirschler; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)