L'euro résiste au-dessus de $1,06, sans doute pas pour longtemps

lundi 23 novembre 2015 11h13
 

LONDRES, 23 novembre (Reuters) - L'euro est en légère hausse lundi matin sur les marchés européens après être tombé en début de journée à 1,0600 dollar en Asie, son plus bas niveau depuis sept mois.

Les chiffres meilleurs qu'attendu des enquêtes mensuelles de Markit auprès des directeurs d'achat de la zone euro assurent un soutien à la monnaie unique mais cambistes et analystes ne semblent pas croire à un vrai rebond à dix jours seulement de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui devrait déboucher sur un nouvel assouplissement de sa politique monétaire.

Les données disponibles concernant l'état actuel des positions sur le marché des changes montrent que les investisseurs ont continué de parier sur la hausse du dollar face à l'euro au moins jusqu'à mardi dernier.

"On a été très proche de 1,06 dollar cette nuit donc je pense qu'il y a sans doute une bonne chance pour qu'on franchisse ce seuil cette semaine", a déclaré Josh O'Byrne, responsable de la stratégie devises de Citi à Londres.

"On n'attend pas grand-chose en termes d'indicateurs. Le marché est à l'achat sur le dollar, à la vente sur l'euro et je ne pense pas que ces positions soient remises en cause avant la réunion de la BCE la semaine prochaine."

Le yen japonais est lui aussi orienté à la baisse face au billet vert avant une semaine qui s'annonce calme, ce lundi étant férié au Japon tandis que jeudi le sera aux Etats-Unis pour la fête de Thanksgiving.

Vers 10h00 GMT, l'euro se traitait autour de 1,0630 dollar, en hausse de 0,12% par rapport à son niveau de vendredi soir.

La plupart des grandes banques actives sur le marché des changes s'attendent à ce que l'euro finisse par revenir à la parité face au dollar au cours des prochains mois en raison de la divergence toujours plus grande entre la politique monétaire de la BCE et celle de la Réserve fédérale.

Les dernières déclarations de Mario Draghi, vendredi, ont conforté le scénario d'une amplification du programme d'assouplissement quantitatif de la BCE le 3 décembre, alors que la Fed, elle, pourrait annoncer le 16 décembre le premier relèvement de ses taux d'intérêt depuis près de dix ans.

De son côté, John Williams, le président de la Fed de San Francisco, a estimé samedi qu'il existait "de solides arguments" en faveur d'une hausse de taux le mois prochain.

"Notre opinion sur l'euro reste nettement négative", résume Heng Koon How, responsable de la stratégie devises de Credit Suisse à Singapour. (Patrick Graham; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)