Italie-La croissance retombe, l'objectif 2015 de Renzi compliqué

vendredi 13 novembre 2015 10h19
 

ROME, 13 novembre (Reuters) - L'économie italienne a crû moins qu'attendu au troisième trimestre, montrent les statistiques publiées vendredi, qui confortent le scénario d'une reprise modeste et fragile cette année après trois ans de récession.

Le produit intérieur brut (PIB) de la troisième économie de la zone euro a augmenté de 0,2% sur le trimestre juillet-septembre par rapport au précédent et de 0,9% en rythme annuel, a annoncé l'Istat, l'institut national de la statistique.

Les 31 économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une croissance de 0,3% par rapport au deuxième trimestre et de 1,0% sur un an.

La croissance avait été de 0,3% au deuxième trimestre et de 0,4% sur les trois premiers mois de l'année.

L'Istat précise que le commerce extérieur a pesé sur la croissance au troisième trimestre alors que la demande intérieure l'a soutenue.

L'institut ne publie pas le détail du PIB avec son estimation préliminaire mais explique que les secteurs de l'industrie, des services et de l'agriculture ont tous bénéficié d'une augmentation de l'activité.

Il a parallèlement revu en baisse les taux de croissance en rythme annuel pour le deuxième et le premier trimestres, ce qui rend plus difficile d'atteindre l'objectif du gouvernement de Matteo Renzi d'une progression de 0,9% du PIB sur l'ensemble de cette année.

La reprise italienne est pour l'instant liée principalement à des facteurs extérieurs, en premier lieu la politique d'achats d'actifs de la Banque centrale européenne (BCE), qui assure le maintien de taux d'intérêt bas, la faiblesse de l'euro, qui favorise les exportateurs, et la chute des prix de l'énergie.

Le président du Conseil Matteo Renzi soutient que les allègements d'impôts pour les bas revenus et les entreprises et la réforme du marché du travail qu'il a fait voter vont favoriser la croissance malgré le ralentissement du commerce mondial et les difficultés de plusieurs grands pays émergents.

L'acquis de croissance à la fin du troisième trimestre s'élève à 0,6%, a précisé l'Istat, ce qui signifie que 2015 se solderait par une croissance de 0,6% même si le PIB stagnait sur les trois derniers mois de l'année.

(Gavin Jones; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)