LEAD 1-Première session parlementaire au Liban depuis un an

jeudi 12 novembre 2015 17h01
 

(Actualisé avec vote des lois, précisions)

BEYROUTH, 12 novembre (Reuters) - Le parlement libanais s'est réuni jeudi, pour sa première session en plus d'un an, ce qui a permis aux députés de voter des lois de finance vitales pour maintenir le fonctionnement de l'Etat.

Les questions politiques sensibles qui avaient empêché le parlement de se réunir jusqu'à présent ont été délibérément laissées de côté pendant cette session de 48 heures pour permettre l'adoption des lois sur les prêts de développement, l'émission de dette et les banques.

Le Liban n'a plus de président de la République depuis mai 2014, les députés n'arrivant pas à se mettre d'accord sur un candidat de consensus -- qui doit nécessairement être chrétien en vertu de l'accord de partage du pouvoir.

Signe que la réunion du parlement ne marque pas la fin de la paralysie politique, le parti chrétien Kataeb, dirigé par Sami Gemayel, s'est retiré au début de la session parlementaire pour protester contre le fait que des lois soient votées alors que le pays n'a pas de chef de l'Etat.

"Cette session est anticonstitutionnelle et illégitime", a déclaré Sami Gemayel à ses partisans qui manifestaient devant le parlement.

Les autres partis politiques ont surmonté leurs divergences en raison de l'urgence de la situation financière du pays, qui accueille notamment plus d'un million de réfugiés syriens, puisque le parlement avait jusqu'à la fin de l'année pour approuver certains prêts de la Banque mondiale, sous peine de ne pas les voir débloqués.

Il s'agit de la première session parlementaire depuis que la chambre a prorogé son propre mandat, en novembre 2014.

La classe politique, profondément divisée par ses rivalités internes, ne parvient pas même à s'entendre sur certaines décisions de base, comme par exemple l'endroit où déverser les ordures ménagères.

Outre l'approbation des prêts de la Banque mondiale, le parlement a adopté une loi qui permet au gouvernement d'emprunter davantage en devises étrangères. Le Liban est déjà l'un des pays dont le ratio d'endettement est la plus élevé au monde.

Des lois relatives aux mouvements transfrontaliers de capitaux et à la lutte contre l'évasion fiscale et des amendements à la loi sur le blanchiment d'argent figuraient également à l'ordre du jour. (Laila Bassam et John Davison; Eric Faye et Tangi Salaün pour le service français)