Difficile rapatriement des Britanniques de Charm el Cheikh

vendredi 6 novembre 2015 14h05
 

LONDRES/LE CAIRE, 6 novembre (Reuters) - Les opérations de rapatriement des 20.000 touristes britanniques bloqués à Charm el Cheikh depuis la destruction d'un Airbus russe il y a six jours au-dessus de la péninsule égyptienne du Sinaï se heurtaient à de grandes difficultés vendredi.

La compagnie aérienne easyJet a annoncé que les autorités égyptiennes lui avaient interdit de mener à bien huit de ses dix vols prévus dans la journée. Seuls deux de ses appareils ont obtenu le feu vert pour décoller de Charm el Cheikh, les passagers n'étant autorisés qu'à emporter des bagages à main.

Les autres compagnies aériennes britanniques ont déclaré qu'elles poursuivaient leurs vols.

Se défendant de vouloir entraver le trafic, le ministère égyptien de l'Aviation civile a affirmé que le nombre des vols était de fait limité par les capacités de l'aéroport de Charm el Cheikh.

"Pour ce qui est des vols britanniques de Charm el Cheikh, la situation reste fluctuante. On nous a dit que les autorités égyptiennes n'en autoriseraient qu'un nombre limité", a déclaré easyJet dans un communiqué.

Le porte-parole du Premier ministre David Cameron a reconnu que la situation était "difficile et fluctuante".

Outre easyJet, les compagnies britanniques Thomas Cook Airlines, Monarch, British Airways et Thomson assurent des liaisons entre la Grande-Bretagne et la station balnéaire de la pointe du Sinaï.

Monarch a fait savoir que ses cinq vols programmés dans la journée étaient confirmés. British Airways a également confirmé le seul vol qu'elle a prévu.

Présent à Charm el Cheikh, l'ambassadeur du Royaume-Uni en Egypte, John Casson, a fait état de progrès dans le rapatriement des Britanniques malgré les "difficultés logistiques".

La Grande-Bretagne avait suspendu mercredi ses vols au départ et à destination de Charm el Cheikh à la suite de la destruction de l'Airbus russe qui a fait 224 morts.

Le groupe djihadiste Province du Sinaï, affilié à l'Etat islamique (EI), a revendiqué la destruction de l'appareil, en représailles aux frappes aériennes russes en Syrie. Pour les gouvernements britannique et américain, la thèse de l'explosion d'une bombe à bord de l'Airbus semble probable. (Sarah Young, Ahmed Aboulenein et Abdelnasser Aboelfadl, avec James Davey et Reuters TV; Guy Kerivel pour le service français)