BOURSE-EDF recule, Goldman Sachs éclipse la publication trimestrielle

jeudi 5 novembre 2015 11h41
 

PARIS, 5 novembre (Reuters) - L'action EDF accuse l'une des plus fortes baisses de l'indice CAC 40 jeudi matin à la Bourse de Paris, la publication trimestrielle et les annonces de l'électricien sur le dividende et RTE étant éclipsées par des commentaires pessimistes de Goldman Sachs, qui a abaissé sa recommandation.

A 11h31, le titre cède 5,42% à 16,475 euros dans des volumes équivalents (104%) à ceux enregistrés en moyenne sur une séance complète au cours des trois derniers mois sur Euronext. Au même instant, le CAC 40 gagne 0,86% dans des volumes représentant 44% de leur moyenne journalière habituelle.

EDF a publié un chiffre d'affaires en hausse de 2,8% au titre des neuf premiers mois de 2015, a confirmé ses objectifs annuels et annoncé le versement d'un acompte sur dividende avec une option de paiement choisie par l'Etat français, qui détient 84,5% du capital.

L'électricien public a en outre annoncé une réflexion sur le plan stratégique de sa filiale RTE chargée du réseau français de transport d'électricité, accréditant ainsi l'hypothèse d'une ouverture du capital de la société.

"Il n'y a rien de vraiment nouveau dans la publication d'EDF mais par contre Goldman Sachs a abaissé son conseil sur la valeur", explique un trader en poste à Paris, interrogé sur les raisons de la baisse du titre.

Dans une note sectorielle, Goldman Sachs a abaissé sa recommandation sur la valeur d'"acheter" à "neutre" et ramené son objectif de cours de 23,60 à 17,50 euros.

"Nos prévisions d'une baisse des prix de l'électricité en France, au Royaume-Uni, en Italie et des prix du gaz en Europe conduisent à une forte baisse de nos perspectives de résultats", commente dans sa note le courtier.

Goldman Sachs abaisse de 5% à 18% ses attentes de bénéfice par action entre 2016 et 2019, en grande partie à cause d'un recul des bénéfices en France et au Royaume-Uni.

"La part croissante de la production d'électricité d'origine nucléaire vendue en France sous le prix du marché à partir de 2016 (à la suite de la libéralisation des ventes en France), plus l'exposition à la production d'électricité au Royaume-Uni signifient que les résultats d'EDF figurent parmi les plus sensibles de notre couverture à une baisse des prix du gaz en Europe", souligne le broker.

Le montant des charges prévisionnelles de service public de l'électricité au titre de l'année 2016 s'élève à 7 milliards d'euros, soit 11% de plus qu'en 2015 et 17% de plus qu'en 2014, selon des estimations de la Commission de régulation de l'énergie (CRE).

L'autorité britannique de la concurrence avait proposé en juillet de plafonner les tarifs de l'électricité après avoir établi que les principaux acteurs du marché de l'énergie avaient surfacturé les particulier d'environ d'environ 1,2 milliard de livres (1,7 milliard d'euros) entre 2009 et 2013. (Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez)