Bettencourt-Amendes requises contre le majordome et des journalistes

mercredi 4 novembre 2015 15h47
 

BORDEAUX, 4 novembre (Reuters) - Le procureur de la République a requis mercredi à Bordeaux des peines "de principe" d'un minimum de 1.500 euros à l'encontre de l'ex-majordome de Liliane Bettencourt pour avoir enregistré clandestinement des conversations de la milliardaire et contre cinq journalistes qui en ont publié des extraits.

La procureure Marie-Madeleine Alliot a estimé au cours d'un réquisitoire de deux heures que "la diffusion des enregistrements a porté à la connaissance du public que Liliane Bettencourt était affaiblie".

Elle a également dit que l'infraction est "totalement constituée" pour l'ex-majordome Pascal Bonnefoy, et "parfaitement caractérisée" pour les journalistes et directeurs de publication de Mediapart et du Point.

Soulignant la valeur "symbolique" du procès, elle a ajouté que "la liberté de la presse ne peut pas être absolue".

"Ces actes sont illégaux mais ces enregistrements ont été validés comme moyens de preuve. C'est un élément qui doit entrer en ligne de compte dans la peine appliquée", a-t-elle estimé.

Elle a requis "une déclaration de culpabilité", estimant que "seule une peine de principe peut être prononcée", sous forme d'amendes "qui ne sauraient être inférieures à 1.500 euros".

Peu avant, le tuteur de Liliane Bettencourt avait demandé que Pascal Bonnefoy soit relaxé car "ce qu'il a fait était nécessaire et remarquable", et avait reconnu que les journalistes avaient "permis à un abus de faiblesse de cesser".

Durant les débats, Pascal Bonnefoy a soutenu qu'il avait agi dans l'intérêt de Liliane Bettencourt, victime à ses yeux de prédateurs, et pour obtenir des éléments de preuve alors que selon lui tout était fait pour que le personnel soit écarté.

En l'absence de Franz-Olivier Giesbert, directeur de la publication du Point à l'époque, les quatre autres journalistes - - le directeur de publication de Mediapart Edwy Plenel, Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme pour Mediapart, Hervé Gattegno, du Point -- ont plaidé pour la liberté de la presse.   Suite...