France-Mise au point d'une compresse chirurgicale biorésorbable

mardi 3 novembre 2015 16h31
 

TOULOUSE, 3 novembre (Reuters) - Une compresse chirurgicale innovante, qui peut être laissée dans le corps humain, sera commercialisée à partir de décembre par Sofradim Production, filiale du groupe américain Medtronic, a-t-on appris mardi auprès de ses concepteurs français.

Issue des recherches en chimie verte, cette compresse hémostatique, capable d'arrêter le saignement des tissus qui suturent difficilement, et biorésorbable a été mise au point par des chercheurs de l'Institut national polytechnique de Toulouse.

"Elle ne contient aucune trace de produits chimiques. En substitution des solvants utilisés habituellement pour sa fabrication par oxydation des tissus de cellulose, on utilise ici du CO2 supercritique, c'est-à-dire sous haute pression », a expliqué à Reuters Jean-Stéphane Condoret, chercheur au laboratoire d'ingénierie chimique de l'INP.

En 2005, des chercheurs de l'INP et du CERMAV de Grenoble avaient breveté un procédé d'oxydation de la cellulose basée sur l'utilisation du CO2 supercritique.

Ce brevet avait été acquis en 2006 par Sofradim Production, qui avait lancé des études avec les deux laboratoires pour industrialiser le procédé et permettre la fabrication de dispositifs médicaux hémostatiques biorésorbables.

Dans le cas de la nouvelle compresse, les chercheurs de l'INP avaient conçu et implanté dès 2008 une machine pré-industrielle de haute technologie qui avait permis de réaliser des produits tests pour homologation.

"Pour mettre au point le produit et son procédé, il nous a fallu dix ans de recherche", souligne Jean-Stéphane Condoret.

L'INP de Toulouse a un portefeuille actif de 100 brevets, dépose en moyenne douze nouveaux brevets par an et gère actuellement 750 contrats de recherche partenariale, représentant chaque année 21.5 millions d'euros de ressources externes. (Julie Rimbert, édité par Sophie Louet)