Migrants/Allemagne-Le SPD refuse des "zones de transit" aux frontières

lundi 2 novembre 2015 17h20
 

BERLIN, 2 novembre (Reuters) - Le vice-chancelier allemand, le social-démocrate Sigmar Gabriel, a une nouvelle fois rejeté lundi l'idée d'établir aux frontières du pays des "zones de transit" où seraient traitées les demandes d'asile des migrants, comme le souhaite la CSU, parti-frère bavarois de la CDU d'Angela Merkel.

La chancelière n'est pas parvenue durant le week-end à effacer les désaccords au sein de son gouvernement de "grande coalition" sur l'accueil des réfugiés et des migrants.

Lundi, Sigmar Gabriel a accusé le Bavarois Horst Seehofer, dirigeant de la CSU (Union chrétienne-sociale), de s'accrocher à des exigences "inutiles" et de refuser d'affronter "les vrais défis" posés par l'arrivée massive de migrants en Allemagne.

"A notre avis, le débat sur les prétendues zones de transit est un faux débat", a-t-il dit à l'issue d'une réunion de la direction du SPD (Parti social-démocrate) à Berlin.

Les dirigeants de la CDU, de la CSU et du SPD doivent se retrouver de nouveau jeudi pour tenter de parvenir à un compromis.

"S'il n'y a pas d'accord, eh bien il n'y aura pas d'accord", a poursuivi Sigmar Gabriel, ajoutant que le gouvernement ferait mieux d'accélérer les procédures sur le droit d'asile et d'améliorer l'intégration des réfugiés au lieu de discuter de ces "zones de transit".

Pour le quotidien économique Handelsblatt, "la crise des réfugiés est devenue une crise gouvernementale".

Le gouvernement allemand s'attend à ce qu'entre 800.000 et un million de migrants gagnent l'Allemagne cette année.

Ces arrivées en masse suscitent le mécontentement d'une partie de l'opinion et la cote de popularité de la CDU est tombée à son niveau le plus bas niveau depuis trois ans.

L'Allemagne a été récemment le théâtre d'agressions et d'attaques visant des réfugiés et des centres d'accueil. Vendredi soir, à Dresde, un hôtel et un centre d'hébergement en préfabriqué ont été incendiés.

Selon des chiffres communiqués samedi par la police allemande, près de 10.000 migrants et réfugiés continuent d'arriver chaque jour, essentiellement via la Bavière. (Michael Nienaber, Guy Kerivel pour le service français)