France-Vers une nouvelle année noire pour l'investissement local

mercredi 28 octobre 2015 18h05
 

PARIS, 28 octobre (Reuters) - La croissance des dépenses de fonctionnement des collectivités locales françaises devrait ralentir cette année mais restera nettement supérieure à celle des recettes, avec pour conséquence un nouveau recul de leur épargne et une nouvelle année noire pour leurs investissements.

Dans sa dernière note de conjoncture sur les finances locales publiée mercredi, la Banque postale table sur une hausse de 1,8% des coûts de fonctionnement des collectivités en 2015, après +2,3% en 2014 et +2,9% par an en moyenne sur 2011-2014.

L'évolution de leurs dépenses de personnel, cible de critiques de la Cour des comptes, ralentirait à +2,7% contre +4,0% en 2014, année où elles ont été affectées par une revalorisation des traitements les plus bas, une hausse des cotisations retraites et la réforme des rythmes scolaires.

Dans le même temps, leurs recettes progresseraient de 0,6%, les collectivités parvenant à plus que compenser la baisse des dotations de l'Etat (-3,67 milliards) par des rentrées fiscales plus dynamiques (+3,8%) du fait d'une meilleure conjoncture et d'un recours au levier fiscal plus prononcé qu'en 2014.

En conséquence, leur épargne brute (recettes moins dépenses de fonctionnement) atteindrait 4,5%, prolongeant le mouvement de baisse amorcé en 2012, pour revenir à 35,6 milliards d'euros, un montant proche de celui de 2009.

En intégrant les remboursements d'emprunts, la baisse de l'épargne des collectivités serait plus prononcée encore (-10,9% à 20,1 milliards).

Dans ce contexte, la Banque postale anticipe une nouvelle année de forte baisse des investissements en 2015 qui va au-delà du repli constaté les années qui suivent des scrutins locaux.

Les replis enregistrés (-6,2% après -8,8% en 2014) correspondent en cumulé à une perte de plus de huit milliards d'euros. La baisse de 2015 serait plus marquée pour les communes (-7,8%) et les groupements de commune (-7,3%).

Ces investissements seront financés à 91% sur ressources propres et 9% par endettement, avec des souscriptions nettes de dette de 4,3 milliards d'euros, quasi stables par rapport à 2014 (4,2 milliards). L'encours de dette des collectivités locales françaises passerait ainsi à 178,5 milliards d'euros, soit 2,5% de plus qu'en 2014.   Suite...