USA-Northrop Grumman décroche le marché du nouveau bombadier

mercredi 28 octobre 2015 00h00
 

WASHINGTON, 27 octobre (Reuters) - Northrop Grumman, qui était opposé à l'alliance formée par Boeing et Lockheed Martin, a décroché le contrat portant sur la conception et la construction d'une nouvelle génération de bombardiers à long rayon d'action pour le compte de l'armée américaine, a annoncé mardi le département américain de la Défense.

Le montant de ce marché sans précédent depuis dix ans pour le Pentagone pourrait atteindre à terme 80 milliards de dollars (72,45 milliards d'euros) si l'US Air Force commande effectivement les 100 bombardiers furtifs qui sont prévus, selon les analystes.

L'action Northrop Grumman a bondi de 6% dans les transactions après la clôture à Wall Street alors que celles de Boeing et Lockheed Martin ont cédé 1,3% et 1,9% respectivement.

Le contrat annoncé mardi, qui porte sur un premier lot de 21 appareils, s'élève à 21,4 milliards de dollars de 2010, a précisé Bill LaPlante, secrétaire adjoint à la Défense chargé de l'aviation, au cours d'une conférence de presse.

Le coût unitaire moyen des 100 bombardiers est quant à lui de 564 millions de dollars de 2016, a-t-il précisé.

"La construction de ce bombardier est un investissement stratégique pour 50 ans", a souligné le secrétaire à la Défense Ashton Carter. "Il démontre notre détermination à nos alliés comme à nos adversaires potentiels et signifie très clairement que les Etats-Unis entendent conserver la capacité de projeter leur puissance sur tout le globe", a-t-il ajouté.

Il s'agit de la deuxième initiative en faveur du remplacement des B-52 et B-1 vieillissants. La première avait été annulée en 2010 par Robert Gates, alors secrétaire à la Défense, qui la jugeait trop ambitieuse et trop coûteuse.

L'appel d'offres qui vient d'être attribué avait été lancé en juillet 2014. Le lauréat devait être annoncé au printemps mais l'échéance a été repoussée à plusieurs reprises.

Etant donné les enjeux et les contraintes budgétaires actuelles, les candidats malheureux vont probablement contester le choix de l'administration. Toute entreprise est en droit de le faire, souligne-t-on au Pentagone.

Boeing et Lockheed Martin ont exprimé leur déception et réclamé des éclaircissements sur les critères retenus pour l'attribution du contrat avant de prendre la moindre initiative. (Andrea Shalal, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Bertrand Boucey)