26 octobre 2015 / 07:24 / il y a 2 ans

LEAD 2-Air France propose une productivité "à la carte" à ses pilotes

(Actualisé avec Michel Sapin)

PARIS, 26 octobre (Reuters) - Air France a proposé trois nouveaux types de contrats de travail à ses pilotes intégrant différents degrés d'efforts en terme de productivité, annonce le directeur des ressources humaines de la compagnie aérienne dans un entretien publié lundi par Le Parisien.

Dans le premier type de contrat, le pilote accepte les gains de productivité demandés et sa rémunération est préservée. Dans le deuxième, il travaille plus et voit son salaire augmenter.

Dans le troisième, il peut refuser les efforts de productivité demandés mais son salaire est alors ajusté à la baisse, explique Xavier Broseta, dont les photos, la chemise déchirée par des syndicalistes lors d'un comité central d'entreprise (CCE) le 5 octobre, ont fait le tour du monde.

"On a fait cette proposition aux pilotes, on peut l'étendre aux hôtesses et aux stewards. C'est sur la table", dit-il, ajoutant que des négociations avec les personnels au sol débuteront le 6 novembre.

Ces annonces ont été dénoncées par Philippe Evain, président du SNPL (Syndicat national des pilotes de ligne) d'Air France.

"Je suis toujours aussi étonné de la forme que cela prend", a-t-il dit sur Europe 1, "on fait des annonces dans la presse qui concernent les organisations professionnelles, on ne leur en parle pas avant bien entendu et puis on guette par voie de médias leur réaction."

"Le dialogue social, ça n'est pas comme ça que ça doit fonctionner. Il y a un vrai problème de dialogue avec cette direction d'Air France", a ajouté Philippe Evain.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a estimé de son côté "légitime" que la direction d'Air France demande à ses pilotes d'accepter des conditions proches de ceux de ses concurrents.

"C'est ça qu'il y a derrière cette proposition, c'est ce qu'on appelle le plan A, une meilleure compétitivité par une meilleure maîtrise des coûts des équipages", a-t-il déclaré sur France Inter.

Xavier Broseta et le numéro deux de l'activité long-courrier d'Air France, Pierre Plissonnier, avaient été molestés par des salariés après l'annonce de 2.900 suppressions de postes, avec de possibles licenciements secs, dans le cadre d'un "plan B" consécutif à l'échec des négociations avec les navigants.

Air France a maintenu jeudi dernier ce "plan B" malgré une amélioration de ses performances cet été, estimant que seul un succès des négociations d'ici janvier permettrait de revenir au plan "Perform 2020", moins drastique.

"Le plan A est celui qui permet d'éviter qu'il y ait un trop grand nombre de destructions d'emplois", a dit Michel Sapin. "Le plan B, il est assez dévastateur pour un certain nombre de catégories de salariés qui ne sont pas de ceux qui gagnent le plus d'argent à Air France." (Julien Ponthus et Yann Le Guernigou)

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