Les taux suisses resteront négatifs tant que nécessaire-Zurbrügg (BNS)

dimanche 25 octobre 2015 14h43
 

ZURICH, 25 octobre (Reuters) - Les taux d'intérêt négatifs resteront en place en Suisse tant que cela sera nécessaire pour la politique monétaire, déclare Fritz Zurbrügg, vice-président de la Banque nationale suisse (BNS), dans les colonnes du journal dominical Zentralschweiz am Sonntag.

"Les taux d'intérêt resteront bas tant que la politique monétaire le justifiera", dit-il en ajoutant que l'environnement de taux bas dans le monde contribue à contenir les taux suisses.

Une éventuelle hausse des taux d'intérêt de la Réserve fédérale américaine serait une bonne chose pour la Suisse, en renforçant l'attractivité du dollar, estime-t-il.

L'économie helvétique, tournée vers l'exportation, souffre de la vigueur du franc depuis que la BNS a abandonné en janvier le cours plafond du franc à 1,20 pour un euro.

Un mois plus tôt, en décembre 2014, la banque centrale avait imposé un taux des dépôts négatif pour la première fois depuis les années 1970, facturant à 0,25% les dépôts à vue.

"Le franc serait encore plus fort sans des taux d'intérêt négatifs", fait valoir Fritz Zurbrügg dans l'interview.

Interrogé par le Schweiz am Sonntag, le directeur de la Finma, l'autorité de surveillance des marchés financiers en Suisse, estime de son côté que les taux d'intérêt bas resteront en place pendant des années voire des dizaines d'années.

"Il est possible que les taux d'intérêt bas durent non seulement des années mais des décennies", assure Mark Branson, en notant que les banques et compagnies d'assurance devront s'adapter à cette situation.

"Un tel environnement est historiquement unique. Plus longtemps durera cette phase, plus difficile sera la sortie une fois que les taux d'intérêt redeviendront attractifs."

L'industrie financière helvétique est, cela dit, bien armée pour absorber des chocs, ajoute-t-il en se félicitant des résultats de récents tests de résistance. "Mais il est également clair que l'actuel environnement économique présente un grand défi." (Silke Koltrowitz et Brenna Hughes Neghaiwi, Véronique Tison pour le service français)