La RCA divisée avant la présidentielle et la venue du pape

dimanche 25 octobre 2015 10h07
 

par Crispin Dembassa-Kette

DEKOA, République centrafricaine, 25 octobre (Reuters) - D eux ans après le coup d'Etat mené par les rebelles musulmans réunis dans la coalition Séléka et la chute du président François Bozizé, la République centrafricaine demeure fortement divisée alors qu'une élection présidentielle doit se tenir avant la fin de l'année.

Le président de transition Michel Djotodia, arrivé au pouvoir à la faveur du coup de force, a certes remis sa démission et Catherine Samba-Panza a été désignée en janvier 2014 comme chef de l'Etat par un conseil national de transition mais les violences entre les musulmans et les groupes chrétiens d'auto-défense regroupés dans les milices anti-balaka se poursuivent.

L'Onu a déployé sur le terrain une force de quelque 10.500 hommes et la France a envoyé des troupes dans le cadre de l'opération Sangaris en décembre 2013 mais cette présence militaire n'a pas ramené la paix entre les deux communuatés.

Chaque camp a résisté aux tentatives de désarmement entreprises et les agressions sporadiques se poursuivent dans différents endroits comme à Dékoa, ville du centre du pays qui sert de carrefour vers d'autres régions.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a estimé cette semaine que le report d'une élection avait suffisamment duré et a appelé la président Catherine Samba-Panza à organiser un scrutin avant la fin de l'année. L'Onu estime que "des progrès significatifs" ont été accomplis dans le recensement des électeurs.

"Nous en avons fini depuis deux mois avec le recensement. Les opérations se sont déroulées sans difficultés ici. Les gens sont impatiens d'aller voter", a commenté Yves Mbeti Gaza, sous-préfet de Dékoa.

Pourtant des incertitudes subsistent sur la capacité de tous les citoyens à se rendre aux urnes. Des habitants de l'enclave musulmane de Dékoa, principalement des commerçants et des marchands de bétail, affirment avoir peur de se rendre dans le quartier du marché où opèrent les miliciens anti-balaka.

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