Taux à deux ans négatifs en Italie et en Espagne après la BCE

vendredi 23 octobre 2015 16h08
 

LONDRES, 23 octobre (Reuters) - Les rendements à deux ans de la dette souveraine italienne et espagnole sont passés vendredi en territoire négatif, une première au lendemain des indications données par la Banque centrale européenne (BCE) sur de possibles nouvelles mesures d'assouplissement monétaire dès décembre.

Le rendement à deux ans de la dette souveraine espagnole s'est inscrit à -0,027% et celui de la dette souveraine italienne à -0,005%. Le taux à deux ans allemand a quant à lui atteint un plus bas record de -0,346% .

Le président de la BCE, Mario Draghi, a déclaré jeudi que l'institution débattrait en décembre de l'opportunité d'agir davantage pour soutenir les prix et l'activité et qu'une nouvelle baisse du taux de dépôt figurait parmi les options envisageables.

La probabilité d'une baisse du taux de dépôt de la BCE de 10 points de base en décembre, qui le ramènerait à -0,30%, est évaluée à 50% par le marché monétaire. Certains investisseurs estiment que la BCE devrait l'abaisser de 20 points de base.

"La BCE a fondamentalement indiqué qu'elle allait faire quelque chose en décembre. Il n'y a pas de limite basse sur le taux de dépôt actuellement, donc il pourrait facilement y avoir un nouveau resserrement des rendements", a dit Vatsala Datta, responsable de la stratégie taux chez RBC, qui s'attend à voir les rendements à deux ans de la dette souveraine italienne tomber à -0,20%.

Les obligations portugaises affichent par ailleurs des performances supérieures à celle du reste du compartiment vendredi l'ensemble du compartiment des dettes souveraines européennes après la désignation par le président portugais Aníbal Cavaco Silva du Premier ministre sortant, Pedro Passos Coelho, pour former un gouvernement, près de trois semaines après les élections législatives qui ont privé sa coalition de centre droit de majorité absolue.

Le rendement à dix ans de la dette portugaise est tombé à un plus bas de cinq mois et demi à 2,28% avant de remonter à 2,35%. Ils a ainsi effacé la hausse qui avait suivi le scrutin du 4 octobre. (John Geddie, Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand)