LEAD 1-Valeant promet de s'expliquer, le titre réduit ses pertes

jeudi 22 octobre 2015 21h24
 

(Actualisé avec conference call lundi, cours de Bourse)

TORONTO, 22 octobre (Reuters) - Le laboratoire canadien Valeant Pharmaceuticals International a fait savoir jeudi qu'il organiserait lundi prochain une conference call pour réfuter les accusations de fraude portées contre lui, une annonce qui lui permet de réduire ses pertes en Bourse.

Dans un rapport publié mercredi, Citron Research, une firme de Wall Street spécialisée dans les ventes à découvert, accuse le groupe québécois d'utiliser un réseau de pharmacies qu'il contrôle pour gonfler frauduleusement ses ventes.

"Nous évoquerons et réfuterons de récentes allégations", déclare dans un communiqué J. Michael Pearson, le PDG de Valeant. Le groupe, dans ce communiqué, dénonce des "erreurs nombreuses, spéculations infondées et interprétations incorrectes de faits et de circonstances au détriment des actionnaires de l'entreprise."

Le titre coté à New York réduit sa perte à 9,8% vers 19h15 GMT, à 107 dollars, après avoir reculé auparavant jusqu'à 94,26. L'action avait perdu 19% mercredi.

Dans son rapport intitulé "Valeant peut-il être le prochain Enron de la pharmacie ?", la firme Citron, dirigée par Andrew Left, accuse le laboratoire de se servir de Philidor et R&O Pharmacy, deux distributeurs dédiés, pour créer des "ventes fantômes" de ses produits, à l'abri de ses auditeurs.

Le rapport de Citron met en avant les risques associés au modèle économique de Valeant, qui est fondé sur une expansion rapide à travers des acquisitions et sur une politique de prix agressive. Valeant a démenti ces accusations.

L'autorité de régulation du Québec, où se situe le siège social de Valeant, a déclaré jeudi que les accusations de Citron étaient "inquiétantes". L'Autorité des marchés financiers (AMF) a précisé qu'elle ne menait aucune enquête active auprès du groupe pharmaceutique, ni de la société de ventes à découvert.

Mais le régulateur "observe très sérieusement l'évolution de la situation", a dit Sylvain Théberge, un porte-parole de l'AMF canadienne dans un courriel, ajoutant qu'elle était en contact avec la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine. (Euan Rocha à Toronto, avec Amrutha Penumudi à Bangalore, Juliette Rouillon et Véronique Tison pour le service français)