AVANT-PAPIER-En visite "d'amitié" en Grèce, Hollande espère soigner sa gauche

jeudi 22 octobre 2015 05h00
 

par Jean-Baptiste Vey

PARIS, 22 octobre (Reuters) - François Hollande espère une démonstration d'amitié du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, lors de sa visite à Athènes jeudi et vendredi pour aider une gauche à la peine avant les élections régionales de décembre.

A Paris, on nie toute arrière pensée, en soulignant que la France a été aux côtés des Grecs pendant les difficiles négociations de l'été et que le président français répond à une invitation du président et du Premier ministre grecs.

Il s'agit de "montrer que la Grèce a les ressources pour surmonter la crise, mettre en oeuvre les réformes et retrouver le chemin du redressement" et de "réaffirmer l'engagement de la France à fournir son aide et son assistance", explique-t-on.

Selon un haut responsable grec, la visite du président français s'explique aussi par son besoin de ressouder la gauche, dont une partie a vu dans le leader de Syriza, Alexis Tsipras, un héros de la lutte contre les politiques d'austérité.

"Hollande a son propre agenda préélectoral", explique ce responsable sous couvert de l'anonymat. "En serrant contre lui Tsipras, l'icône de la gauche radicale, Hollande veut envoyer le message à la gauche française qu'elle devrait s'unir derrière lui."

En saluant la victoire de Syriza aux élections législatives de septembre, François Hollande avait lancé un message à l'électorat de gauche, expliquant que l'avenir de la gauche était dans l'affirmation de ses valeurs mais aussi le réalisme, le faible score des dissidents de Syriza montant selon lui qu'une autre stratégie ne fonctionnait pas.

Le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, a estimé mercredi que "ce voyage, c'est d'abord celui de l'amitié pour le peuple grec et la Grèce".

Selon une source diplomatique française, "la confiance entre la France et la Grèce ne date pas d'aujourd'hui mais elle s'est considérablement renforcée au cours des derniers mois parce que la France a joué un rôle d'équilibre pour faciliter la recherche de compromis".   Suite...