BOURSE-Air France-KLM en forte baisse, craintes d'un blocage durable (actualisé)

mercredi 21 octobre 2015 11h18
 

(Actualisé avec commentaire d'un syndicat, précisions)

PARIS, 21 octobre (Reuters) - L'action Air France-KLM signe la plus forte baisse de l'indice SBF 120 mercredi matin à la Bourse de Paris, le marché craignant un blocage durable entre les syndicats et la direction sur la restructuration du groupe.

L'appel à la grève de certains syndicats du personnel au sol jeudi, jour d'un nouveau comité central d'entreprise (CCE), avive les craintes des investisseurs, même si la compagnie a réaffirmé mercredi qu'elle prévoyait d'assurer la totalité de ses 994 vols tout en précisant que quelques retards restaient possibles dans certaines escales françaises.

"Si à partir de lundi prochain, on est capable de pouvoir être tous responsables et se mettre autour d'une table, à la fin de l'année, on pourra envisager de parler au passé des évènements de ces derniers jours", a dit à Reuters Ronald Noirot, secrétaire général de la CFE-CGC chez Air France, le premier syndicat au sein de la compagnie.

A 11h15, le titre perd 3,28% à 6,084 euros quand le SBF 120 est quasiment stable (-0,02%).

"L'action recule à cause de l'appel à la grève", explique un trader en poste à Paris.

"On a le sentiment que le conflit entre la direction et les différents syndicats de la compagnie n'est pas près d'être réglé. On sent que le premier qui craque est mort (...). Dans le climat actuel, je conseille à mes clients de rester à l'écart du titre", ajoute un vendeur actions parisien.

Air France a annoncé au début du mois 2.900 nouvelles suppressions de postes et le retrait de 14 avions de sa flotte long-courrier d'ici 2017.

Ce "plan B" consécutif à l'échec des négociations avec les personnels navigants avait été présenté lors d'un comité central d'entreprise (CCE) interrompu par des violences et l'envahissement de la salle par une centaine de manifestants.

Le PDG d'Air France-KLM Alexandre de Juniac a cependant réaffirmé dimanche que la phase la plus "douloureuse" de ce plan pourrait être évitée en 2017 si des négociations aboutissaient d'ici à début 2016. (Alexandre Boksenbaum-Granier, avec Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot)