Volkswagen visé par un différend sur des moteurs de bateaux

mercredi 21 octobre 2015 11h03
 

21 octobre (Reuters) - L'armateur norvégien I.M. Skaugen réclame 50 millions de dollars (44 millions d'euros) d'indemnités à une filiale de Volkswagen qu'il accuse d'avoir truqué les résultats des tests de performance de moteurs de bateaux produits il y a plus de dix ans.

I.M. Skaugen affirme que les spécifications techniques de six moteurs achetés à MAN étaient fausses et dit vouloir être indemnisé à hauteur de la surconsommation de carburant par rapport aux niveaux affichés lors de l'achat.

Volkswagen possède aujourd'hui 75% du capital de MAN Diesel et de Turbo SE, les sociétés qui ont fourni les moteurs incriminés au groupe norvégien en 2002 et 2003, mais il ne les contrôlait pas à l'époque puisque son entrée au capital de MAN remonte à 2006.

I.M. Skaugen explique avoir décidé de rendre l'affaire publique car elle présente selon lui des similitudes avec le dossier du trucage des tests anti-pollution des moteurs diesel de voitures de Volkswagen .

"Nous avons tenté de prendre contact avec MAN pendant un certain temps pour régler le problème. En 2012, ils nous ont promis la transparence et ils nous ont promis qu'ils feraient tout leur possible pour régler le dossier", a dit le directeur général d'I.M. Skaugen à Reuters.

"Mon objectif, aujourd'hui, est de souligner que la méthode employée, le logiciel, est la même. Le but semblait le même, à savoir dissimuler le fait que ces moteurs ne respectent pas les niveaux promis, que ce soit en matière de consommation de carburant ou d'émissions."

Un porte-parole de Volkswagen contacté par Reuters s'est refusé à tout commentaire.

Le groupe allemand est devenu majoritaire au capital de MAN en 2011 et en détient aujourd'hui 75%.

MAN a reconnu en 2011 que certains tests réalisés en usine sur des moteurs diesel de bateaux pourraient avoir été manipulés pour limiter artificiellement les niveaux de consommation de carburant affichés. Un porte-parole a déclaré que la société s'était depuis efforcée d'indemniser les clients mais a précisé qu'aucun accord n'avait pu être conclu avec I.M. Skaugen.

Ce dernier réclamait initialement 20 millions de dollars mais il a porté sa demande à 50 millions pour intégrer de nouvelles estimations des surcoûts.

(Alister Doyle; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)