Le conflit à Air France ne résume pas l'état du pays-Hollande

lundi 19 octobre 2015 08h27
 

PARIS, 19 octobre (Reuters) - François Hollande a prôné lundi l'apaisement social en France, jugeant indispensable le dialogue avec les syndicats et expliquant que la situation à Air France n'était pas représentative de l'état du pays.

Invité sur RTL, le président a été interrogé sur les risques d'explosion évoqués par le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, dont l'organisation boycotte la conférence sociale dans un contexte de tensions après notamment des incidents lors d'un comité central d'entreprise à Air France.

"Le conflit à Air France ne résume pas l'état de la France", a dit le président, deux semaines après les violences commises contre des dirigeants de la compagnie aérienne par des syndicalistes en colère.

"Ce serait se tromper gravement de prendre un sujet Air France pour en faire un cas général", a-t-il ajouté.

Le chef de l'Etat a insisté sur l'importance de maintenir le dialogue avec les représentants des salariés.

"Ne comptez pas sur moi parce qu'il y a eu des violences ici ou là, en l'occurrence à Air France, pour discréditer le combat syndical, qui a sa noblesse et son utilité, à condition qu'à un moment on s'engage", a-t-il dit.

"Parce que s'il n'y jamais d'accord, certains, parmi les plus démagogues, diront (...) 'supprimons le paritarisme, supprimons les organisations syndicales, supprimons les institutions représentatives du personnel'. C'est pourquoi il est si important d'avoir eu des accords depuis 2012, et il y en a eu de nombreux."

Interrogé sur le risque d'explosion sociale en France, le président a dit ne pas croire les "champions du thermomètre", ceux "qui veulent toujours qu'il y ait toujours une marmite qui chauffe qui explose."

Il a prôné l'apaisement.

"Nous devons vivre dans une société apaisée. Il y a toujours des conflit, toujours des confrontations, toujours des intérêts divergents. Comment devons-nous répondre ? Par de la violence ? Sûrement pas. Par de l'apaisement, et donc le dialogue", a-t-il ajouté. (Elizabeth Pineau, édité par Yann Le Guernigou)