L'UE veut avancer vite vers l'union des marchés de capitaux

jeudi 15 octobre 2015 16h36
 

BRUXELLES, 15 octobre (Reuters) - Les pays membres de l'Union européenne ont l'intention d'accélérer la mise en oeuvre du projet de création de l'"union des marchés de capitaux" (UMC), en faisant notamment de la relance du marché de la titrisation une priorité, devait annoncer jeudi la présidence tournante de l'UE aux chefs d'Etat et de gouvernement.

Le commissaire européen pour la stabilité financière, Jonathan Hill, a présenté fin septembre un plan d'action pour les marchés de capitaux qui prévoit entre autres d'assouplir les règles en matière de fonds propres imposées aux banques et aux assureurs, avec pour objectif final la création de l'UMC d'ici 2019.

Les ministres des Finances des Etats membres devraient s'accorder sur une position commune dans ce dossier à l'occasion de la prochaine réunion Ecofin, prévue le 10 novembre, ce qui permettrait d'abréger considérablement le processus législatif.

"Notre intention est d'adopter les conclusions du Conseil sur le plan d'action pour l'UMC lors de la réunion Ecofin de novembre", a écrit Xavier Bettel, le Premier ministre luxembourgeois, dont le pays occupe la présidence tournante du Conseil jusqu'à la fin de l'année, dans une lettre aux chefs d'Etat et de gouvernement avant le sommet de jeudi.

Dans cette lettre, Xavier Bettel souligne que "des progrès rapides sur la proposition législative concernant la titrisation sont considérés comme la principale priorité".

La relance du marché de la titrisation (le regroupement de prêts sous forme d'instruments financiers vendus à des investisseurs) est considérée par la Commission européenne comme l'un des moyens de soutenir le crédit et la croissance dans l'Union.

Jonathan Hill a notamment proposé de réduire les besoins de fonds propres imposés lors des émission de valeurs mobilières adossées à des actifs (ABS).

Le secteur bancaire a dans un premier temps salué cette initiative mais il s'est récemment fait plus circonspect.

Mardi, le président de la Fédération bancaire française (FBF), Frédéric Oudéa, a ainsi déclaré s'attendre à "une réduction des volumes de titrisation dans les deux à trois prochaines années".

(Francesco Guarascio et Huw Jones; Marc Angrand pour le service français)