Diesel-Ne freinez pas la mutation, dit Royal aux constructeurs

jeudi 15 octobre 2015 13h50
 

PARIS, 15 octobre (Reuters) - Les constructeurs automobiles ne doivent pas freiner le mouvement de réduction du parc diesel mais investir et développer des modèles non polluants pour assurer leur place dans la compétition mondiale, a déclaré jeudi Ségolène Royal.

La ministre de l'Ecologie, également responsable des Transports, a expliqué que la décision d'augmenter la fiscalité sur le diesel d'un centime d'euro par litre en 2016 et en 2017 reflétait une mutation technologique mondiale.

"Ce n'est pas en disant aux industriels qu'il ne faut rien bouger qu'on les aide (...) chaque fois qu'on leur a dit 'c'est pas la peine de bouger', c'est là que les usines ont fermé, ont perdu des emplois", a-t-elle déclaré à des journalistes en marge de l'inauguration du Musée de l'Homme, à Paris.

"D'autres pays, notamment les pays émergents, la Chine, l'Inde etc., sont en train d'investir massivement dans les transports propres", a-t-elle ajouté, jugeant qu'il fallait faire de même "si l'on veut sauver l'industrie automobile française et européenne".

"Et je le dis une nouvelle fois aux constructeurs automobiles qui freinent : 'ça fait 15 ans qu'on maîtrise les technologies de la voiture électrique en France et faute d'avoir pris ce tournant à cause du lobby des producteurs d'énergies fossiles, ce tournant n'a pas été pris. C'est vraiment le moment de le prendre, c'est vraiment une chance à saisir pour créer des activités et des emplois'", a-t-elle poursuivi.

La part des moteurs à essence dans les voitures neuves immatriculées en France a atteint en septembre son plus haut niveau depuis 14 ans, à 40,4%, selon des chiffres publiés mardi.

Les moteurs diesel, à nouveau très décriés à cause de l'affaire de manipulation des émissions polluantes de Volkswagen , ont continué de céder du terrain mais restent majoritaires, à 55,3%.

Ségolène Royal a par ailleurs souligné que favoriser les énergies non fossiles "va aussi aider l'agriculture française à produire des biocarburants".

Les biocarburants sont confrontés depuis plusieurs années à un contexte défavorable en matière de réglementation et de marché, qui a conduit notamment à la fermeture d'usines de production en France en 2013. (Jean-Baptiste Vey, avec Sybille de la Hamaide et Gilles Guillaume, édité par Yves Clarisse)