Le budget Renzi risque de créer des tensions avec la Commission

mercredi 14 octobre 2015 20h24
 

par Gavin Jones

ROME, 14 octobre (Reuters) - Le président du Conseil italien, Matteo Renzi, doit présenter jeudi un budget 2016 incluant des baisses d'impôts qui devrait tester les limites fixées aux membres de la zone euro en matière de déficit budgétaire et sera sans doute mieux accueilli par les électeurs du pays que par la Commission européenne.

Une bonne part des baisses d'impôts prévues sera en effet financée par l'emprunt, ce qui ralentira le rythme de réduction des déficits et de la dette publique négocié entre Rome et la Commission.

Selon les tenants de l'orthodoxie budgétaire, la reprise de la croissance amorcée en Italie, après trois ans de récession, devrait inciter la gouvernement à privilégier la consolidation budgétaire.

Au contraire, Matteo Renzi, qui a fait des promesses de baisses d'impôts son cheval de bataille depuis sa prise de fonction l'an dernier, estime qu'il mérite une plus grande "flexibilité" budgétaire en échange des réformes mises en oeuvre, notamment sur le marché du travail et l'éducation.

"Le budget est techniquement exceptionnel," a-t-il déclaré dans une interview radiophonique cette semaine. "Pour la première fois, les impôts sont réduits en Italie."

Il souligne que même si son rythme de réduction est plus lent, le déficit budgétaire baissera encore l'an prochain, grâce à la faiblesse des taux d'intérêt attachés à la dette de l'Etat, et restera nettement sous la barre des 3% du PIB.

Le mois dernier, le gouvernement a porté son objectif de déficit 2016 de 1,8% à 2,2% du PIB et très légèrement revu en hausse sa prévision de dette publique, la plus importante de la zone euro après la Grèce, de 130,9% à 131,4% du PIB.

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