JPMorgan maigrit pour satisfaire les régulateurs

mercredi 14 octobre 2015 12h37
 

par David Henry

NEW YORK, 14 octobre (Reuters) - JPMorgan Chase, dont la taille a augmenté de plus de moitié depuis la crise financière, se soumet à une cure d'amaigrissement pour apaiser les régulateurs en général et la Réserve fédérale en particulier.

Si la première banque américaine cède suffisamment d'actifs purement financiers, la Fed est susceptible de penser que l'établissement est un peu moins risqué et ce dernier lui-même pourrait en tirer en profit en termes de rentabilité et meilleure rétribution de ses actionnaires.

De janvier à septembre, la banque a restitué 150 milliards de dollars de dépôts essentiellement à des fonds spéculatifs qui avaient déposé de l'argent sans usage immédiat.

Elle devrait continuer d'alléger ainsi son bilan et pourrait également choisir de faire affaire davantage avec des sociétés de l'économie réelle et moins avec d'autres établissements financiers, une manière également de paraître moins risquée aux yeux des régulateurs.

"Nous avons bien progressé", a dit la directrice financière de JPMorgan Marianne Lake, ajoutant toutefois: "Il devient de plus en plus difficile" de progresser encore sur cette voie dorénavant.

Selon les critères de la Fed, JPMorgan est la banque américaine dont la faillite causerait le plus de dégâts au système financier en raison de sa taille, de sa complexité et de ses contacts avec d'autres établissements.

La banque, qui a publié ses trimestriels mardi, a dit que ses actifs avaient diminué de 32,48 milliards de dollars, soit 1,3%, au troisième trimestre par rapport au précédent, au total de 2.420 milliards. Au deuxième trimestre, ils avaient diminué de 4,9%. C'est la première fois depuis 2009 que les actifs de la banque se contractent deux trimestres d'affilée.

Les initiatives déployées par la banque en ce domaine sur le seul premier semestre pourraient lui permettre de racheter jusqu'à trois milliards de dollars d'actions supplémentaires, soit 1,5% du flottant, selon un rapport de Susan Roth Katzke, analyste chez Credit Suisse. Ce faisant, son rendement des fonds propres pourrait progresser à 10,9% en 2016 contre 10,8%, estime l'analyste.   Suite...