CORR-Royal invite Air France à relâcher la pression sur les salariés

mercredi 14 octobre 2015 10h51
 

(Bien lire Anne Hidalgo, avant-dernier paragraphe)

PARIS, 14 octobre (Reuters) - Ségolène Royal a exhorté mercredi les dirigeants d'Air France, "un peu faibles sur la qualité du dialogue social", à associer les salariés à la réflexion sur l'avenir de l'entreprise, qui ne passe pas nécessairement, selon elle, par une vague de suppressions de postes.

"Reconnaissons qu'il y a eu des erreurs de tous les côtés", mais "quand on en vient aux mains dans un dialogue social, c'est évident que les responsabilités ne sont pas toutes du même côté", a estimé sur BFM TV et RMC Info la ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, qui supervise les transports.

"J'en appelle à la responsabilité des dirigeants de cette entreprise, qui ont sans doute été un peu faibles sur la qualité du dialogue social, pour renouer des liens et faire en sorte que le respect mutuel s'installe et que les salariés soient associés à la réflexion sur l'orientation stratégique", a-t-elle dit.

A la question de savoir si la restructuration d'Air France passait par le plan de 2.900 suppressions de postes présenté après l'échec des négociations avec les pilotes et qui a déclenché la colère de salariés lors du comité central d'entreprise du 5 octobre, la ministre a répondu : "Je ne pense pas, je ne le crois pas."

"Il faut remettre les choses à plat. On ne gère pas une entreprise par une pression ou une déstabilisation des salariés."

Le Premier ministre Manuel Valls avait pourtant apporté la semaine dernière son soutien total à la direction d'Air France face aux "voyous" responsables des violences.

Ségolène Royal a toutefois jugé inopportunes les critiques venues du monde syndical, de l'extrême gauche et de la majorité sur les conditions d'arrestation de quatre des cinq salariés d'Air France qui seront jugés en décembre pour "violences en réunion". Ils ont été interpellés lundi matin à 06h00 à leur domicile.

Cinq salariés d'Air France soupçonnés d'être les auteurs des violences seront jugés pour violences en réunion le 2 décembre prochain, a annoncé mardi le parquet.

Mercredi sur RTL, la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, s'est dite "choquée" par les arrestations.

"Ça ne sert à rien de jeter de l'huile sur le feu. Je pense que tous les commentaires schématiques de la part de personnes qui ne sont pas impliquées dans ce conflit ne facilitent pas la situation", a répliqué Ségolène Royal. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)