Paris valide l'extradition du Kazakh Abliazov, qui fait appel

lundi 12 octobre 2015 12h20
 

PARIS, 12 octobre (Reuters) - Le Premier ministre Manuel Valls a signé le 17 septembre dernier le décret d'extradition vers la Russie de l'oligarque et opposant kazakh Moukhtar Abliazov, qui entend contester cette décision devant le Conseil d'Etat, a annoncé lundi sa famille.

Ce décret lui a été signifié la semaine dernière dans sa cellule de Fleury-Mérogis (Essonne), où il est actuellement incarcéré, précise-t-elle dans un communiqué.

L'Ukraine et la Russie soupçonnent Moukhtar Abliazov d'avoir détourné plus de six milliards de dollars lorsqu'il dirigeait la banque BTA, dont il a été l'actionnaire majoritaire avant que l'Etat la nationalise.

Mais ses avocats, qui le décrivent comme "la dernière force d'opposition" au président Noursoultan Nazarbaïev, estiment que les deux pays agissent "en faux-nez du Kazakhstan".

"Paris fait (...) semblant de croire qu'Abliazov pourra bénéficier en Russie d'un procès équitable, qu'il ne fera pas l'objet de tortures et qu'il ne sera pas ré-extradé vers le Kazakhstan, où un sort funeste l'attend", écrivent lundi ses proches.

Ils rappellent que neuf pays européens ont décidé au contraire de ne pas extrader l'oligarque ou ses associés, voire de leur accorder l'asile.

L'un des avocats de Moukhtar Abliazov, Peter Sahlas, s'étonne également que la France puisse "envoyer un dissident se faire broyer par le système judiciaire russe", au moment où elle dénonce "le double-jeu" de Moscou en Syrie, et annule la livraison des Mistral en raison de la crise en Ukraine.

Moukhtar Abliazov va contester la décision du gouvernement français devant le Conseil d'Etat, une démarche qui va suspendre la procédure d'extradition.

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