LEAD 1-En Biélorussie, Loukachenko dépasse les 80%

dimanche 11 octobre 2015 21h18
 

par Andrei Makhovsky

MINSK, 11 octobre (Reuters) - Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994 en Biélorussie, a remporté dimanche un cinquième mandat en réunissant entre 80% et 84% des voix selon les premières projections des résultats du premier tour.

En 2010, il l'avait emporté avec 80% des suffrages. Sa réélection avait provoqué des manifestations de masse et l'emprisonnement de plusieurs figures de l'opposition. Etant donné l'apathie ambiante dans la population et le désir ardent de stabilité face à une Russie offensive et une Ukraine en plein conflit séparatiste, peu d'observateurs s'attendent cette fois à un mouvement d'une même ampleur.

Des appels à manifester ont bien été lancés avant le scrutin, mais seules quelques centaines de personnes se sont déplacées, comme samedi à Minsk.

Aucun des trois candidats qui lui étaient opposés dimanche ne représente un danger sérieux pour l'avenir politique de Loukachenko, et les personnalités de l'opposition avaient appelé au boycottage du scrutin.

Les pays occidentaux boudent de longue date ce dirigeant de 61 ans en raison de son gouvernement autoritaire, des violations des droits de l'homme et de la répression visant l'opposition, et ils maintiennent des sanctions économiques à l'encontre de certains responsables et de certaines entreprises biélorusses.

Cependant, les critiques que Loukachenko a adressées à Moscou après l'annexion de la Crimée en 2014, le fait qu'il ait accueilli des négociations de paix sur l'Ukraine et la grâce accordée en août à six dirigeants de l'opposition ont eu pour conséquence un rapprochement prudent entre Minsk d'une part, l'Union européenne et les Etats-Unis d'autre part.

"L'Occident aspire à la stabilité de la Biélorussie. Il veut la tenue d'élections exempte de troubles, qui puissent apporter des progrès en termes de démocratie et de droits de l'homme", déclarait avant le scrutin Iouri Tsarik, du Centre biélorusse de recherches stratégiques et politiques.

En votant dimanche, Loukachenko a déclaré que son gouvernement avait mis en oeuvre "tout que les Occidentaux voulaient avant ces élections". "S'il y a le désir à l'ouest d'améliorer nos relations, rien ni personne ne pourra s'y opposer", a poursuivi celui que Condoleezza Rice, alors secrétaire américaine d'Etat de l'administration de George W. Bush, qualifiait en 2005 de "dernier dictateur d'Europe".   Suite...