France-"La République ne connaît pas de races", dit Hollande

jeudi 8 octobre 2015 15h49
 

LES MILLES, Bouches-du-Rhône, 8 octobre (Reuters) - La République "ne connaît pas de races, ni de couleurs de peau", a dit jeudi François Hollande, au lendemain de la décision des Républicains de retirer à Nadine Morano son investiture pour les régionales de décembre pour ses propos sur la "race blanche".

"La République ne connaît pas de races, ni de couleurs de peau, elle ne reconnaît pas de communautés, elle ne connaît que des citoyens libres et égaux en droit", a dit le chef de l'Etat lors d'un déplacement dans les Bouches-du-Rhône. "Et ce principe n'est pas négociable et ne le sera jamais."

Dans un discours prononcé au camp des Milles, près d'Aix-en-Provence, d'où 2.000 juifs furent déportés vers Auschwitz, François Hollande a annoncé un texte avant la fin de l'année qui doit faire de "toute inspiration raciste ou antisémite" une "circonstance aggravante" aux infractions.

"J'ai demandé à la garde des Sceaux Christiane Taubira de préparer d'ici la fin de l'année un texte réformant le code pénal pour faire de toute inspiration raciste ou antisémite une circonstance aggravante pour une infraction, quelle qu'elle soit et quel qu'en soit l'auteur", a-t-il dit.

Dans un lieu d'histoire, où de nombreux intellectuels allemands et autrichiens furent les premiers internés du camp, François Hollande a pris soin de rappeler que "la première digue qui fut abattue fut celle des mots" dans les années 1930, une période durant laquelle on est passé "de l'exception à l'exclusion" pour aboutir à la fin de la République.

"Nous avons donc le devoir de refuser certains mots et de dénoncer les effets de ces mots: les divisions, les amalgames, les ressentiments, les exclusions, les discriminations", a-t-il poursuivi.

"Il y a des peurs en France et il ne sert à rien de les nier, ce serait même les aggraver. Ces peurs, je les comprends", a-t-il ajouté. "Nous sortons à peine d'une longue crise économique, avec un chômage élevé, avec beaucoup d'exclusion, d'inégalité, avec une sorte d'abandon pour certains de nos compatriotes."

Le président de la République, qui est venu pour la création d'une chaire Unesco consacrée à la mémoire de l'Holocauste, la quatrième créée au niveau mondial, a rappelé que la "mémoire citoyenne" n'était pas une "histoire exclusive qui écarterait les autres".

"Toute l'Histoire doit être transmise avec exactitude face aux faussaires et aux négationnistes", a-t-il dit. (Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse)