Telenor met en vente ses 33% dans l'opérateur russe Vimpelcom

lundi 5 octobre 2015 12h44
 

OSLO, 5 octobre (Reuters) - L'opérateur télécoms norvégien Telenor a annoncé mettre en vente ses 33% dans le russe Vimpelcom, une participation actuellement valorisée quelque 2,3 milliards de dollars (2,0 milliards d'euros).

Telenor est depuis longtemps en conflit ouvert avec l'actionnaire majoritaire de Vimpelcom, l'oligarque russe Mikhaïl Fridman, au sujet du contrôle et de la stratégie du groupe.

Vimpelcom fait par ailleurs l'objet d'enquêtes aux Etats-Unis et aux Pays-Bas pour des soupçons de corruption en Ouzbékistan.

"En tant que nouveau directeur général, j'ai eu pour mission d'effectuer une revue de nos positions stratégiques. Nous avons conclu qu'une position minoritaire dans Vimpelcom ne servait plus nos intérêts", a déclaré à Reuters Sigve Brekke, qui a pris les commandes du groupe il y a moins de deux mois.

"Nous entendons concentrer nos ressources sur nos marchés principaux, à savoir 13 marchés en Asie, en Scandinavie et en Europe centrale et orientale", a-t-il ajouté.

L'action Telenor gagnait 2,7% à 159,5 couronnes norvégiennes vers 10h20 GMT à la Bourse d'Oslo.

Vimpelcom a perdu 72% de sa valeur en Bourse ces cinq dernières années mais Sigve Brekke a assuré que l'investissement était resté payant sur le long terme, Telenor étant entré il y a déjà 17 ans au capital des firmes russe et ukrainienne qui ont fusionné pour devenir Vimpelcom.

"Notre retour annuel sur investissement a été de plus de 18%", a assuré le directeur général.

Mikhaïl Fridman, à la tête du fonds LetterOne, détient 47,9% des droits de vote de Vimpelcom alors que Telenor, sous son précédent directeur général Jon Frederik Baksaas, n'avait pu monter au-delà de 43%.

Vimpelcom, qui a son siège à Amsterdam et est coté à New York, compte plus de 222 millions de clients en Russie, en Italie et dans une dizaine de pays émergents. Sa valeur de marché a fondu de 40% au cours de l'année écoulée.

"C'est positif, surtout pour le dividende, que Telenor cherche à vendre mais le moment n'est peut-être pas idéal", commente Stefan Ward, analyste chez Swedbank. "D'un autre côté ils n'ont pas fixé de date butoir." (Gwladys Fouche, Véronique Tison pour le service français)