Grèce-Incertitude sur l'issue des négociations à l'Eurogroupe

samedi 11 juillet 2015 16h22
 

BRUXELLES, 11 juillet (Reuters) - Les ministres des Finances de la zone euro ont commencé à examiner samedi le plan de réformes déposé par la Grèce pour obtenir un nouveau plan d'aide, une réunion cruciale pour le maintien du pays dans le bloc monétaire mais dont l'issue reste très incertaine.

L'optimisme et le volontarisme affichés par la France sur ce dossier tranche avec le scepticisme de nombreuses capitales aux yeux desquelles la crédibilité du gouvernement d'Alexis Tsipras a été irrémédiablement brisée pendant les négociations.

"La confiance a été détruite d'une manière incroyable au cours des derniers mois", a dit le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, à son arrivée à la réunion de l'Eurogroupe.

Les dernières propositions du gouvernement grec sont loin d'être suffisantes pour l'octroi d'un troisième plan d'aide à Athènes, a-t-il encore estimé alors que les experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international leur ont pourtant donné un premier avis favorable.

François Hollande, qui s'est investi personnellement pour faire aboutir les négociations, avait salué dès vendredi le paquet de réformes déposé par la Grèce, à laquelle Paris a prêté une assistance technique et politique pour leur élaboration.

"La France (...) est un trait d'union et nous jouerons ce rôle de trait d'union jusqu'au bout pour apporter notre contribution à une réussite qui est indispensable à tous", a déclaré le ministre des Finances, Michel Sapin, juste avant le début des travaux de l'Eurogroupe.

La discussion "sera (...) exigeante parce que la confiance est un élément déterminant de l'accord, si nous voulons un accord global et un accord durable", a-t-il ajouté.

Alors que certains responsables européens, même critiques vis-a-vis de la Grèce, estimaient vendredi soir qu'un accord était probable samedi, l'incertitude a regagné les esprits.

Une source, qui vendredi soir déclarait à Reuters être pratiquement certaine qu'un accord serait trouvé ce samedi, a dit en fin de matinée ne plus en être sûre, à quatre heures du commencement de la réunion de l'Eurogroupe.

Faute d'obtenir un accord samedi, ce sera au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement prévu dimanche de débloquer la situation. (Julien Ponthus, Chine Labbé et Andreas Rinke, édité par Tangi Salaün)