ENCADRE-L'euphorie s'évanouit en Grèce après le plan Tsipras

vendredi 10 juillet 2015 20h29
 

par Lefteris Karagiannopoulos

ATHENES, 10 juillet (Reuters) - L'euphorie que des milliers de Grecs ont ressentie en criant "non" à l'Europe de l'austérité aura duré moins de cinq jours.

Vendredi, la population s'est réveillée en découvrant que le Premier ministre Alexis Tsipras avait proposé aux créanciers d'Athènes un nouveau programme de réformes pratiquement identique à celui que 61% des Grecs ont rejeté dimanche dernier par référendum.

Un dessin paru dans le quotidien Kathimerini résume le changement d'ambiance: un groupe de Grecs chantant joyeusement "Non" dimanche et le même groupe s'étranglant le jeudi d'un: "Oh non!"

Marios Rozis, un étudiant de 23 ans, reconnaît que la situation est devenue grotesque. "Tout le monde était heureux dimanche, c'était une décision mature contre l'austérité. Aujourd'hui, j'ai l'impression que le référendum n'a servi à rien. Ça n'a pas de sens."

Sa réaction d'amertume, teintée de résignation et d'épuisement, reflète une bonne partie des sentiments qui traversent l'esprit des Grecs, alors que les banques sont fermées depuis deux semaines et que les retraits d'espèces sont limités.

"J'ai voté 'non' et évidemment que cette nouvelle proposition ne correspond pas à ce 'non'," déclare Vassilis Sika, un jeune homme de 20 ans, sans emploi.

"Je me sens comme un esclave. Ils font ce qu'ils veulent, et on n'a pas notre mot à dire."

Le syndicat PAME (Front militant de tous les travailleurs), affilié au Parti communiste, a réagi au plan Tsipras en appelant à des manifestations dans toute la Grèce vendredi soir.   Suite...