9 juillet 2015 / 16:33 / il y a 2 ans

SYNTHESE 3-Tsipras tente de convaincre en Grèce, l'UE attend son offre

* La Grèce doit présenter ses projets avant minuit

* Le FMI évoque une restructuration de la dette grecque

* Les banques grecques resteront fermées jusqu‘à lundi

par François Aulner et Angeliki Koutantou

ATHENES/FRANCFORT, 9 juillet (Reuters) - Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a tenté jeudi à Athènes d‘obtenir un soutien politique le plus large possible aux propositions de réformes qu‘il doit soumettre avant la fin de la journée à ses partenaires de la zone euro pour espérer obtenir une nouvelle aide financière et éviter un “Grexit”.

Après avoir mis au point cet ensemble de mesures avec ses conseillers, Alexis Tsipras a réuni ses ministres pour convaincre ses partenaires de coalition de soutenir ce nouveau plan.

Selon le quotidien grec Kathimerini, ce projet porte sur un ensemble de réformes de 12 milliards d‘euros répartis sur deux ans, avec notamment un relèvement de l‘impôt sur les sociétés et un alourdissement de la TVA.

Ce montant dépasse celui de huit milliards prévu auparavant, afin de parer aux effets d‘un retour à la récession. En effet, au lieu d‘afficher une croissance de 0,5% cette année, la Grèce, affectée par plusieurs mois d‘incertitude et près de deux semaines de contrôle des capitaux, devrait voir son PIB reculer de 3%.

CONVAINCRE, À ATHÈNES COMME À BRUXELLES

Un fonctionnaire du gouvernement ayant requis l‘anonymat a contesté les chiffres avancés par le quotidien, indiquant que le travail était toujours en cours sur le plan de réformes.

Alexis Tsipras, vainqueur des élections en janvier sur la promesse de mettre fin à cinq années d‘une cure d‘austérité drastique, doit vaincre les réticences de l‘aile gauche de son propre parti, Syriza, ainsi que de ses partenaires de coalition, les Grecs indépendants.

D‘autant plus que les opposants à l‘austérité ont été confortés par la large victoire du “non” au référendum de dimanche dernier sur des projets de réformes des créanciers.

Mais les propositions que le Premier ministre grec doit soumettre à ses partenaires européens avant minuit jeudi doivent également aller suffisamment loin pour les convaincre et permettre le déblocage d‘une nouvelle aide, alors qu‘Athènes a sollicité mercredi un prêt au Mécanisme européen de stabilité (MES).

A trois jours d‘un sommet de l‘Union européenne censé sceller définitivement le sort de la Grèce, la question de la restructuration de la dette grecque est revenue au premier plan.

Pour le président du Conseil européen Donald Tusk, “à des propositions réalistes émanant de la Grèce doivent correspondre des propositions tout aussi réalistes sur la soutenabilité de la dette provenant des créanciers”.

L‘ALLEMAGNE SOUFFLE LE CHAUD ET LE FROID

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), partie prenante des négociations, a insisté mercredi soir sur la nécessité d‘une restructuration de la dette grecque, une initiative réclamée également depuis janvier par le gouvernement grec mais à laquelle l‘Allemagne s‘oppose catégoriquement.

Lors d‘un déplacement jeudi à Sarajevo, la chancelière allemande a de nouveau écarté une décote “classique”.

“J‘ai dit qu‘une décote classique était hors de question pour moi et cela n‘a pas changé entre hier et aujourd‘hui”, a déclaré Angela Merkel, sans toutefois exclure totalement d‘autres formes d‘allégement du fardeau de la dette, comme un report des échéances des prêts, une réduction des taux d‘intérêt ou un moratoire sur le service de la dette.

Son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, a quant a lui affiché jeudi une position paradoxale en reconnaissant pour la première fois que l‘effacement d‘une partie de la dette de la Grèce pourrait être nécessaire.... pour exclure aussitôt une telle option.

Sans accord politique dimanche, la BCE menace de cesser son soutien aux banques grecques, ce qui privera le pays de liquidités et le contraindra à recourir à une monnaie parallèle.

La fermeture des banques grecques a été prolongée jusqu‘à lundi et les retraits sont plafonnés à 60 euros par jour. La présidente de la fédération bancaire grecque a assuré qu‘elles avaient suffisamment de liquidité pour alimenter leurs distributeurs de billets jusqu‘à lundi.

Les dirigeants européens n‘excluent plus une sortie de la Grèce de la zone euro, même en France, pourtant l‘un des principaux soutiens d‘Athènes au sein de l‘UE.

La crédibilité de la zone euro serait affectée par un “Grexit” mais le bloc monétaire pâtirait également de la présence en son sein d‘une Grèce s‘affranchissant constamment de ses obligations financières, a déclaré le ministre des Finances français lors d‘une conférence de presse à Francfort.

“Vous ne pouvez pas rester dans l‘Eurosystème simplement parce que vous l‘aimez”, a dit Michel Sapin, en ajoutant que la solidarité devait aller de pair avec la responsabilité. (Avec les bureaux d‘Athènes et de Francfort; Bertrand Boucey et Myriam Rivet pour le service français, édité par Marc Angrand)

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