LEAD 3-La BCE maintient la pression sur la Grèce avant mardi

lundi 6 juillet 2015 23h01
 

(Actualisé avec Nowotny)

par John O'Donnell et George Georgiopoulos

FRANCFORT/ATHENES, 6 juillet (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu lundi un contrôle strict sur le financement de banques grecques qui pour l'instant restent portes closes, un élément que le Premier ministre grec Alexis Tsipras devra prendre en compte à la veille d'un sommet de la zone euro à Bruxelles.

La BCE a annoncé qu'elle avait maintenu en l'état le mécanisme de fourniture de liquidité d'urgence (ELA) aux banques grecques, mais en ajustant les décotes sur certaines des garanties présentées par ces dernières pour pouvoir se refinancer auprès d'elle par l'intermédiaire de la banque centrale locale.

Cet ajustement est largement symbolique et n'affecte en rien les capacités de refinancement des banques hellènes mais on peut aussi y voir un signe manifestant l'impatience de l'institut d'émission commun.

"Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a décidé aujourd'hui de maintenir l'ELA pour les banques grecques au niveau décidé le 26 juin 2015 après avoir discuté d'une proposition de la Banque de Grèce", dit la BCE dans un communiqué. Elle ajoute que le Conseil des gouverneurs est "résolu à employer tous les instruments disponibles dans le cadre de son mandat".

Selon une source bancaire grecque, la BCE a réclamé une hausse de l'ordre de 10% sur certaines garanties présentées par les banques grecques. "La hausse de la décote sur une partie de l'ensemble des garanties est de 10% environ... mais cela ne crée aucun problème pour quelque banque que ce soit", a expliqué la source.

Dans un entretien à la chaîne publique autrichienne ORF, Ewald Nowotny, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, évoque la possibilité d'un crédit-relais pour la Grèce pendant que se poursuivraient des négociations en vue d'un nouveau programme de renflouement.

"Que ce soit possible, cela reste sujet à discussion", a-t-il dit, ajoutant que la BCE ne pourrait fournir davantage de liquidités à la Grèce si celle-ci venait à faire défaut sur sa dette.   Suite...