France-Cambadélis s'en prend à Sarkozy sur le dossier grec

lundi 6 juillet 2015 09h58
 

PARIS, 6 juillet (Reuters) - Le Premier secrétaire du PS s'en est pris lundi à Nicolas Sarkozy, rendant responsable l'ex-chef de l'Etat - qu'il a qualifié d'"excité du bocal" - de la situation actuelle de la Grèce au lendemain du rejet par le peuple grec des nouvelles mesures d'économie prônées par les créanciers d'Athènes.

"J'ai en tête les déclarations de Nicolas Sarkozy qui sont d'une violence vis-à-vis de la Grèce, insupportable", a déclaré Jean-Christophe Cambadélis sur France Info.

"Il s'est planté sur toute la ligne, l'excité du bocal qui nous a conduit à la situation telle qu'elle est aujourd'hui parce que c'est lui qui a refusé le référendum sur l'Europe proposé par (l'ex-Premier ministre George, NDLR) Papandréou en son temps", a-t-il ajouté. "Il faut respecter les peuples, il faut respecter les Etats, il faut respecter les gouvernements".

En novembre 2011, Nicolas Sarkozy s'était trouvé confronté à la volonté du Premier ministre grec de l'époque d'organiser un référendum sur un plan européen de règlement de la crise de la dette grecque.

Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel avaient convoqué George Papandréou à Cannes, la veille d'un sommet du G20, pour le convaincre de renoncer à une initiative qui avait mis le feu aux poudres sur les marchés financiers.

Ils avaient menacé le Premier ministre grec d'interrompre l'aide européenne si Athènes refusait de mettre en oeuvre les mesures d'austérité prévues par le plan européen.

Interrogé sur les déclarations du ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui a appelé ce week-end à "ne pas faire le traité de Versailles de la zone euro", le numéro un du PS a répondu : "C'est une formule excessive, parfois Macron en a".

"Attention à ne pas avoir qu'une vision économiste de la question européenne, attention à ces déclarations à l'emporte-pièce", a-t-il dit.

Jean-Christophe Cambadélis, qui avait appelé dès dimanche soir à négocier avec Athènes, a une nouvelle fois plaidé en faveur de la reprise des discussions.

"Il y a la nécessité de négocier, il faut négocier toujours négocier", a-t-il dit. "Je préfère que l'on discute, que l'on arrive à un compromis qui soit utile, qui soit efficace, plutôt que l'éviction de la Grèce en catimini". (Marine Pennetier)