L'UE ne peut pas laisser la Grèce s'effondrer, dit Varoufakis

samedi 4 juillet 2015 12h43
 

par Lefteris Karagiannopoulos

ATHENES, 4 juillet (Reuters) - L'Union européenne perdra un millier de milliards d'euros si elle permet un effondrement de la Grèce, a averti samedi le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, en accusant les créanciers d'Athènes de "terroriser" les Grecs.

Au terme d'une semaine de fermeture des banques, les électeurs grecs sont appelés dimanche à dire par référendum s'ils acceptent ou non les propositions des créanciers internationaux, censées, sous certaines conditions, permettre à Athènes d'obtenir de nouvelles aides financières alors qu'elle n'est plus en mesure de rembourser ses dettes.

S'adressant vendredi soir à une foule de plus de 50.000 personnes massées place Syntagma, dans le centre d'Athènes, le Premier ministre, Alexis Tsipras, chef de file de la gauche anti-austérité incarnée par le parti Syriza, a appelé une nouvelle fois à voter "non" dimanche.

Au même moment, les partisans de "oui" tenaient un meeting dans l'ancien stade olympique d'Athènes, non loin de là.

Une série de sondages rendus publics vendredi a donné au camp du "oui" un léger avantage sur celui du "non"; une seule enquête a placé le "non" en tête.

Pour Yanis Varoufakis, l'enjeu pour l'Europe est trop important pour que l'UE laisse tomber la Grèce. A la question de savoir s'il est certain qu'un accord finira par être conclu, même si les Grecs votent "non" au référendum, il s'est déclaré certain que cela sera le cas :

"Aussi bien pour la Grèce que pour l'Europe, j'en suis sûr. Si la Grèce s'effondre, un millier de milliards d'euros (l'équivalent du PIB de l'Espagne) partiront en fumée. Cela fait beaucoup trop d'argent et je ne pense pas que l'Europe puisse se le permettre", dit-il.

"Ce qu'ils (les créanciers internationaux) font avec la Grèce porte un nom: le terrorisme", dit-il dans une interview que publie samedi le journal espagnol El Mundo. "Pourquoi nous ont-ils forcés à fermer les banques? Pour faire peur aux gens. Et lorsqu'on sème la terreur, cela s'appelle du terrorisme".   Suite...