Pékin assouplit les règles du trading de marge pour éviter un krach

jeudi 2 juillet 2015 08h28
 

SHANGHAI, 2 juillet (Reuters) - Les autorités boursières chinoises ont assoupli les règles pour emprunter et spéculer en Bourse, dernière en date des mesures prises pour le gouvernement pour endiguer des dégagements qui plombent les places chinoises depuis deux semaines et menacent à terme la deuxième économie mondiale.

Il y a encore quelques semaines, les autorités avaient suivi le chemin opposé, sévissant contre la pratique risquée du trading de marge par laquelle les marchés chinois ont vu leur capitalisation plus que doubler en l'espace d'un an.

Mais les actions chinoises ont perdu plus de 20% de leur valeur en deux semaines, poussant les autorités à changer leur fusil d'épaule pour prévenir un krach du marché boursier le plus volatil de la planète.

La commission boursière chinoise (China Securities Regulatory Commission, CSRC) a dit mercredi soir qu'elle annulait la disposition prévoyant que les investisseurs apportent des garanties supplémentaires si leur ratio de marge atteint 130%, faute de quoi ils s'exposent à une liquidation forcée de leurs titres.

Pour Hong Hao, chef stratège de Bocom International, cet assouplissement est sans doute le bienvenu. "C'est la bonne dose prescrite", a-t-il dit. "La chute s'explique essentiellement par les appels de marge donc si les courtiers ne procèdent pas à des liquidations forcées (...) la glissade du marché devrait être enrayée, pour le moment du moins".

Voeu pieux sans doute puisque la Bourse de Shanghaï cédait encore plus de 3% dans l'après-midi. Par rapport à son point culminant du 12 juin, elle a dégringolé de 25%.

La chute brutale de la Bourse a sans doute contribué à la décision prise le week-end dernier par la Banque populaire de Chine de réduire les taux d'intérêt pour la quatrième fois depuis novembre.

Ce mouvement baissier est source d'un début de panique, certains cours pouvant varier de 10% en une seule séance dans la mesure où nombreux sont les traders qui tentent désespérément de dénouer leurs positions tandis que d'autres, peut-être liés à Pékin, déboulent et rachètent à bon compte, pensant que le gouvernement ne permettra un krach boursier qui assènerait un coup violent à une économie devenue moins robuste.

(Brenda Goh et Samuel Shen, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison)