Amnesty dénonce les arrestations de jeunes en Egypte

mardi 30 juin 2015 08h17
 

LE CAIRE, 30 juin (Reuters) - Amnesty International dénonce les arrestations massives de jeunes révolutionnaires et militants des droits de l'homme en Egypte, où les autorités issues du renversement du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée à l'été 2013 mènent, selon l'ONG, une répression tous azimuts.

Dans un nouveau rapport intitulé "Génération Prison: la jeunesse égyptienne des manifestations à la prison", publié mardi, Amnesty pointe du doigt l'arrestation de 41.000 personnes en deux ans et se penche plus particulièrement sur celle de 14 figures du soulèvement contre Hosni Moubarak en 2011 ou symboles de la liberté d'expression.

L'organisation constate le rétablissement total de l'Etat policier qui prévalait avant le "printemps arabe" et fustige la complicité de la communauté internationale qui préfère fermer les yeux pour privilégier la signature de contrats, notamment d'armement, avec le président Abdel Fattah al Sissi, ancien chef de l'armée.

"En ciblant sans relâche les jeunes activistes égyptiens, les autorités broient les espoirs d'avenir meilleur d'une génération entière", souligne Hassiba Hadj Sahraoui, vice-directrice du programme pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord d'Amnesty.

Présentés comme une chance pour l'Egypte et le monde arabe après 2011, de nombreux jeunes révolutionnaires laïques "croupissent derrière les barreaux, preuve que l'Egypte est redevenue un Etat ultra-répressif", dit le rapport.

Badr Abdelatty, porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, a rejeté ces accusations, affirmant que "la révolution du 30 juin (ndlr: les grandes manifestations qui ont précédé le renversement du président Morsi par l'armée) visait à donner du pouvoir à la jeunesse et à créer une nouvelle démocratie".

Depuis ce coup de force, les autorités militaires ont livré une lutte sans merci aux Frères musulmans du chef de l'Etat déchu et aux groupes islamistes plus radicaux, dont l'un est affilié à l'Etat islamique, tuant ou condamnant à mort des milliers de leurs membres.

Mais elles ont aussi ciblé les jeunes révolutionnaires libéraux et de gauche, notamment après l'adoption en novembre 2013 par décret présidentiel -- l'Egypte n'a plus de Parlement élu depuis 2012 -- d'une loi restreignant drastiquement le droit de rassemblement et revenant dans les faits à interdire les manifestations.

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