26 juin 2015 / 14:51 / il y a 2 ans

ENCADRE-Les points de désaccord entre la Grèce et ses créanciers

BRUXELLES, 26 juin (Reuters) - A la veille d'une réunion de l'Eurogroupe présentée comme décisive, des documents distincts élaborés par la Grèce et par ses créanciers sur les réformes nécessaires pour débloquer de nouvelles aides financières à Athènes diffèrent principalement sur les retraites, la fiscalité et les privatisations.

Athènes et ses bailleurs de fonds sont censés s'accorder lors de la réunion de samedi sur une liste de réformes afin d'éviter un défaut grec sur un paiement de 1,6 milliard d'euros dû au Fonds monétaire international (FMI) mardi.

L'offre grecque prévoit une augmentation des recettes de l'Etat équivalant à 0,93% du produit intérieur brut (PIB), grâce entre autres à une réforme de la TVA, alors que les créanciers demandent des recettes de 1% du PIB.

L'offre grecque est inférieure à ce seuil parce qu'Athènes refuse d'imposer le taux de base de TVA de 23% à l'hôtellerie et la restauration afin d'épargner le secteur du tourisme, pilier de l'économie nationale.

La Grèce entend aussi que ses îles continuent de bénéficier d'une décote de 30% sur la TVA.

Les divergences entre les deux parties portent aussi sur les dépenses militaires, que les créanciers souhaitent voir réduites de 400 millions d'euros alors qu'Athènes entend limiter ces coupes à 200 millions.

LE TRANSPORT MARITIME ÉGALEMENT VISÉ

Pour augmenter les recettes de l'Etat et atteindre ses objectifs budgétaires 2015, la Grèce propose d'appliquer un taux d'imposition des bénéfices de 12% au-delà de 500.000 euros.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras prévoit aussi de taxer à 30% le produit des jeux électroniques et compte sur les recettes de la vente de licences de téléphonie 4G et 5G.

Sur le dossier très sensible des retraites, la Grèce, dans une proposition soumise jeudi à ses créanciers, se dit prête à "remplacer" l'allocation de solidarité sociale (EKAS) d'ici fin 2018, alors que ses interlocuteurs en demandent la suppression pure et simple d'ici 2019.

Les propositions diffèrent aussi sur le montant des cotisations maladies des retraités: Athènes propose de porter le taux de cotisation de 4% à 5% alors que les créanciers estiment qu'il devrait atteindre 6%.

La Grèce dit que le système de retraite pourrait être mieux équilibré en ramenant les cotisations patronales à leur niveau de 2014 et en augmentant les cotisations des retraites complémentaires, à 3,5% contre 3% aujourd'hui.

Les créanciers réclament aussi un engagement irrévocable d'Athènes à privatiser l'opérateur de réseaux électriques ADMIE, ce que refuse le gouvernement Tsipras.

Parallèlement, des documents qu'a pu consulter Reuters montrent que les créanciers ont demandé un relèvement de la taxe sur le tonnage dans le transport maritime et la suppression des avantages fiscaux dont bénéficie ce secteur clé de l'économie grecque. La Grèce, elle, a proposé d'"augmenter la taxe au tonnage et de mettre en oeuvre un cadre de taxation efficace du transport maritime commercial". (Jan Strupczewski, Marc Angrand pour le service français)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below